Climat : la Reine d’Angleterre joue-t-elle double jeu ?

Selon The Guardian, les avocats d’Élisabeth II auraient fait pression sur des ministres écossais pour empêcher que les terres de la reine ne soient concernées par une nouvelle loi sur l’environnement.

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Ces dernières années, la famille royale britannique n’a pas hésité à s’engager publiquement dans la lutte contre la crise climatique. Récemment, le prince William créait un prix récompensant d’un million de livres toute initiative qui répondrait efficacement au défi du réchauffement de la planète. En 2019, Élisabeth II avait tenu à rendre hommage à la mobilisation des jeunes générations face à la crise climatique, dans son allocution de Noël. Et même Buckingham Palace s’est paré de vert, depuis qu’une partie du château a été équipé d’un système de géothermie, pour le chauffage et la climatisation. À quelques heures d’intervalle, les révélations de The Guardian ne pouvaient donc pas plus mal tomber qu’en ce 29 juillet, qui marque le « Jour Jour du Dépassement ».

Selon un article du quotidien britannique, paru mercredi, la Reine d’Angleterre aurait fait usage de l’un de ses privilèges constitutionnels pour éviter que ses terres en Écosse ne soient soumises à une loi portant sur l’environnement. En février dernier, l’Écosse votait une loi en faveur de l’énergie verte. Tous les propriétaires de terres écossaises sont désormais tenus de faciliter l’installation d’infrastructures permettant de réduire les émissions de carbone. Chaque foyer sera à terme chauffé à l’énergie verte, fournie par des pipelines. Pour ce faire, la loi oblige désormais les Écossais à vendre leur terrain, si cela s’avère nécessaire pour la construction d’un tel pipeline.

Royal lobbying

Mais cette loi ne s’appliquera pas à la Reine Élisabeth, pourtant l’une des plus grandes propriétaires foncier d’Écosse. Et ce, en vertu du « Queen’s consent », une procédure parlementaire datant du 18ème siècle. Cette disposition permet au souverain de prendre rapidement connaissance des projets de loi pouvant affecter sa position ou ses intérêts privés. Un procédé légal, mais qui rentre en contradiction avec les préoccupations publiques de la Maison Windsor.

Buckingham Palace s’est défendu, défendant le « Queens’consent », une simple « formalité » dans le processus démocratique. Selon The Guardian, la famille royale a plusieurs fois usé de ce dispositif, entre la « fin des années 1960 et les années 1980 », profitant d’un accès en amont du travail parlementaire, pour faire pression sur les ministres et modifier la législation britannique au profit de ses intérêts privés ou de ses opinions.

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