10 choses à savoir sur Pegasus, le logiciel qui a infiltré plus de 50.000 smartphones

La surveillance informatique n’est plus un fantasme. La preuve par l’affaire Pegasus, qui a touché des journalistes, des militants et des figures d’opposition. Mais aussi certains chefs d’États.

Pegasus @BelgaImage

1. Affaire

Plus de 50.000 smartphones ont été infiltrés par le logiciel Pegasus, capable de récupérer les données (photos, mails, messages…) et d’allumer le micro ou la caméra. Cela en passant par les brèches laissées par certaines applications. Une technologie dont auraient profité des gouvernements pour épier d’autres chefs d’États, des journalistes, des militants ou des membres de l’opposition.

2. Journalistes

Le scandale a été révélé par Forbidden Stories, une association de 80 journalistes issus de dix pays, dont fait notamment partie le quotidien Le Soir, appuyée par Amnesty international.

3. NSO

Le logiciel Pegasus est le fruit du travail de la société israélienne de sécurité informatique NSO Group. Censé permettre de lutter contre la criminalité et le terrorisme, Pegasus a donc été vendu à des fins de surveillance à des gouvernements aux quatre coins du monde depuis 2016.

4. France

Parmi les 50.000 téléphones infectés, ceux de hauts dignitaires français. Dont les smartphones du président Emmanuel Macron et de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe. L’entourage de Macron a signalé qu’un renforcement de la sécurité serait entrepris, mais a signalé que le présidant changeait régulièrement de téléphone.

5. Belgique

Notre ancien Premier ministre et actuel président du Conseil européen Charles Michel est également sur la liste des personnes victimes de surveillance. Il a été ciblé en même temps qu’Emmanuel Macron, en 2019. Là aussi, il a précisé avoir été conscient des risques et avoir pris “des mesures pour limiter les risques”. Son père Louis a aussi été ciblé.

6. Clients

Plusieurs pays ont été accusés d’avoir profité des prouesses de Pegasus pour espionner des officiers étrangers. Parmi les clients de NSO cités, le Mexique, le Rwanda, la Hongrie, l’Inde, l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis ou encore le Maroc. Des pays qui ont tous nié leur implication.

7. Maroc

Le cas du Maroc retient particulièrement l’attention. Selon l’enquête, il ferait partie des clients principaux de NSO. Ce que le gouvernement marocain nie en bloc, parlant de “tentative de déstabilisation”, jusqu’à attaquer Forbidden Stories et Amnesty en justice pour diffamation. Le pays rajoute aussi que le roi Mohammed VI figure sur la liste des personnes surveillées.

8. Enquêtes

De nombreuses enquêtes ont été simultanément lancées un peu partout. Au sein des pays visés par la surveillance, comme la France, mais également des pays accusés. Le Mexique, la Hongrie et Israël veulent ont annoncé vouloir faire la lumière sur leur réelle implication. Pour certains, il s’agirait surtout de se blanchir.

9. Moratoire

Amnesty a demandé le week-end dernier un moratoire sur l’utilisation des technologies de surveillance “jusqu’à ce qu’un cadre réglementaire respectueux des droits humains soit mis en place. Il s’agit d’un secteur dangereux qui opère depuis trop longtemps à la limite de la légalité”.

10. WhatsApp

En 2019, Will Cathcart, PDG de WhatsApp, mettait déjà en garde sur les infections des smartphones par Pegasus, mais prêchait dans le vide. “Ces révélations sont parfaitement cohérentes avec ce que nous avons appris, a-t-il réagi, avant d’appeler les gouvernements à plus de vigilance. Soit les téléphones sont sécurisés pour tout le monde, soit ils ne le sont pour personne.”

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