« Je suis plus optimiste qu’il y a quelques mois puisque l’activité économique repart »

Philippe Donnay, commissaire au bureau du Plan, était l'invité d'Il faut qu'on parle sur DH radio ce mardi. Il est revenu notamment sur le plan de relance belge, et plaide, pour ce faire, pour l'investissement public.

Bruxelles @BelgaImage

Alors que la Belgique tente de se remettre de la crise sanitaire, Philippe Donnay, commissaire au bureau du Plan, s’est montré plutôt confiant. « Je suis plus optimiste qu’il y a quelques mois puisque l’activité économique repart. Ça s’explique par l’environnement international qui influence fort la Belgique, mais aussi par la campagne de vaccination qui montre son efficacité et donc il y a plus de confiance des opérateurs économiques », commence-t-il.

Les prévisions du bureau du Plan prévoient pourtant un trou budgétaire de 36 milliards d’euros, mais pour le commissaire ce n’est pas une mauvaise chose. « Il y a la crise économique en termes de richesse produite, nous n’aurons pas corrigé la perte à la fin de cette année, mais on s’en rapproche très fort. Et sans destruction d’emplois », se satisfait Philippe Donnay, assurant que l’investissement public est nécessaire. « On ne peut pas parler de dérapage parce que si nous n’avions rien fait, la situation serait encore plus catastrophique. Ce sont les enseignements qu’on a tiré de la crise de 1929. »

La situation sera-t-elle tenable à long terme ou est-ce que la Belgique devra retourner à l’austérité pour réduire son déficit ? « Je ne pense pas que ça soit seulement la Belgique qui doive le faire. La question c’est à partir de quand et à quel rythme. Pour l’instant la confiance est là, mais ça pourrait déraper. De plus, nous n’étions pas dans une situation saine avant (avant la crise sanitaire Ndlr) et maintenant nous avons le coup de la crise sanitaire, donc sans rien faire le déficit augmentera de 0,2 ou 0,3% par an ».

Mais un retour de l’austérité n’est pas pour tout de suite. « Je parlerais de discipline budgétaire plutôt que d’austérité. Il faudra gérer avec parcimonie. Nous sommes favorables à une augmentation de l’investissement public au niveau du Plan, mais il faut voir à quel rythme », martèle-t-il avec prudence.

Le plan de relance de la Belgique de 5 milliards d’euros a été approuvé par l’UE. L’objectif est de tendre vers 3,5% d’investissement public d’ici 2030. Ne serait-il pas trop ambitieux ?  « C’est une question politique : les investissements publics génèrent de l’activité, c’est un élément positif dans l’économie belge qu’on ne peut faire qu’à long terme. », insiste Philippe Donnay. « Nous n’avons pas des moyens budgétaires extraordinaires contrairement à l’Allemagne. On ne peut pas se permettre d’avoir des augmentations de coûts de 20 à 30%. Ça serait ne pas utiliser l’argent le mieux possible », tempère-t-il toutefois.

Le secteur de la construction est mis en avant dans le plan de relance. « Les investissements dans ce secteur, dans l’énergie, dans la communication, ou le transport, résolvent des problèmes structurels de l’économie belge », explique le commissaire. « Nous avions tellement désinvesti que nous n’avions même plus la capacité d’entretenir notre patrimoine commun : autoroutes, palais de justice de Bruxelles par exemple ».

Ce sont surtout les secteurs du bois et du textile qui bénéficieront de création d’emplois, précise-t-il aussi.

Pour finir le commissaire du bureau du plan s’est montré satisfait de l’accord interprofessionnel : « ça signifie qu’il y a de la solidarité entre les secteurs. Un accord social avalisé par tous les syndicats, c’est gage d’une paix sociale. On peut voir plus sereinement l’avenir, sans grand mouvement de grève à prévoir ».

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