Inondations : comment limiter les risques dans le futur ?

Pour faire face aux catastrophes climatiques, c’est tout l’aménagement du territoire wallon qui devra être repensé.

©BELGAIMAGE/ à Pepinster, le 16 juillet

Les experts du Giec le répètent depuis quarante ans : sous l’effet du réchauffement climatique, la probabilité et l’intensité d’événements extrêmes comme les inondations de ces quinze derniers jours iront croissantes. Et ce qui a été répété tant de fois depuis plus d’un an à propos du coronavirus vaudra probablement tout au long du siècle, à propos du climat : il faudra apprendre à vivre « avec ». Avec le risque de canicules étouffantes, avec le risque de flots déchainés et de crues torrentielles. Comment s’adapter ? D’abord, en prenant conscience une bonne fois pour toute du danger.

Pour Jacques Teller, professeur d’urbanisme à la faculté de Liège, limiter au maximum les risques d’inondations passera notamment par des mesures de prévention et d’information à destination des citoyens, en leur expliquant « comment évacuer en cas d’inondation, comment protéger leurs biens, de ne pas laisser leurs documents administratifs importants dans des rez-de-chaussée ou dans les caves… Ce sont des choses triviales mais qui font partie des mesures qui sont mises en place dans des pays comme l’Angleterre », cadrait le professeur dans La Libre.

Reconstruire, mais comment ?

Les événements de ces derniers jours l’ont tragiquement mis en lumière : nos territoires ne sont plus capables d’encaisser des chocs répétés d’inondations. La course au béton, l’artificialisation des sols ont empêché ceux-ci d’absorber le trop-plein d’eau. Toutes les futures décisions en matière d’urbanisme et d’aménagement du territoire devront donc prendre en compte cette donnée.

À court et moyen terme, se posera notamment la question de ce qui doit être reconstruit. À Pepinster et à Verviers, des maisons ont leurs fondations directement ancrées sur la berge. Reconstruites à l’identique, elles seraient à la merci de nouvelles crues. Pour autant, sera-t-il possible de proscrire tout bâtit en zone inondable ? « Dire que tout l’habitat qui se trouve en zone possible d’inondation devra être déplacé, ce n’est juste pas possible, à moins de déplacer la moitié de l’habitat wallon, balayait dans l’Echo, Philippe Henry (Ecolo), ministre wallon du Climat. Les maisons détruites seront donc soit reconstruites plus loin, soit reconstruites au même endroit en tenant compte des risques. Des solutions existent comme les constructions sur pilotis ».

« Il faut avoir plusieurs options sur la table. La construction sur pilotis pourrait être étudiée et constituer une alternative », abondait au micro de la RTBF Anne-Valérie Barlet, fonctionnaire déléguée à la Région Wallonne (développement du territoire). Le système de pilotis n’empêcherait ainsi pas l’afflux d’eau, mais permettrait de mieux l’écouler et de diminuer son potentiel destructeur.

De son côté, Jacques Teller pointait l’urbanisation diffuse, éclatée (notamment sur les plateaux), comme un des facteurs de risque d’inondations, avec des eaux renvoyées directement vers des égouts finissant par déborder. Pour le professeur d’urbanisme, il sera donc important de multiplier les dispositifs intermédiaires de stockage, comme des citernes ou des toitures vertes, « qui laissent l’eau percoler ». « Il y a aussi des mesures à prendre au niveau de l’agriculture pour éviter d’avoir des écoulements d’eau aussi rapides que ceux qu’on a pu voir récemment. Globalement, il y a une vraie réflexion à mener sur les dispositifs à mettre en place pour laisser plus de place à l’eau », concluait-il.

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