Tac au tac: Tatiana de Rosnay

Une conversation où il est question de slow, de SDF, de Zola, des Stones et d’une ado en robes Laura Ashley.
 

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Le livre que vous faites paraître – Célestine du Bac – date de 1993 et a été refusé par votre éditeur. Le nom de cet éditeur?
Fayard. Ce qui est touchant, c’est que le monsieur qui avait lu mon livre – un monsieur qui a aujourd’hui 85 ans – m’a dit: “J’ai adoré votre livre, mais au-dessus, ils n’en voulaient pas, ils ne croyaient pas en vous et j’ai été très triste de vous dire non”. C’est la vie.

Le chien de votre personnage – Martin – s’appelle Germinal. Quel est votre livre de Zola préféré?
Je peux en donner trois?

Allez, oui…
L’Assommoir, que j’ai lu à 15 ans, qui m’a choquée et bouleversée. Thérèse Raquin que je conseille toujours quand on me dit que Zola c’est ennuyeux. Et en troisième position, La curée, un des premiers Rougon-Macquart, l’histoire d’un couple bling-bling qui pourrait être les Kardashian de l’époque.

L’histoire de Célestine du Bac raconte la relation inattendue entre un jeune homme de bonne famille et une sans-abri. Avez-vous déjà sympathisé avec un ou une sans-abri?
Oui. Avec plusieurs même…

Célestine a vraiment existé… Elle n’était pas commode, cette femme…
Elle picolait beaucoup, elle était très malheureuse et elle était difficilement approchable.

Qu’avez-vous fait pour l’aider?
Je lui donnais du café, des pains au chocolat… Un jour, je lui ai donné des bottes qu’elle m’a jetées à la figure – parce que je chausse du 37 et elle, du 42 -, elle s’intéressait beaucoup plus à mon fils de 2 ans qu’à moi – elle l’appelait le petit prince… Sinon je fais partie d’une association – La fête des voisines – qui apporte des soins à des femmes SDF…

Le livre qui vous rappelle le plus un été d’enfance?
Deux ans de vacances de Jules Verne. Je l’ai lu au Pays basque quand j’avais 10 ans.

Le livre qui vous rappelle le bac?
Villa triste de Patrick Modiano, une merveille, que j’ai lu en 1979, l’année de mon bac. Dans les pages du livre, j’ai encore le trèfle à quatre feuilles que j’avais trouvé je ne sais où…

La chanson qui vous rappelle un chagrin d’amour?
I Need You du groupe America. “I need you like the flower needs the rain…

Quel âge?
Je devais avoir 20 ans, c’était ma première grosse trahison, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps.

La chanson sur laquelle vous auriez aimé danser un slow mais pour laquelle aucun garçon ne vous a invitée?
I’m Not In Love de 10CC. J’étais une adolescente très timide, engoncée dans mes robes Laura Ashley. Un jour, un garçon m’a invitée à danser mais il avait une réputation épouvantable. On me disait “tu vas passer à la casserole”… Je ne savais pas ce que ça voulait dire, mais ça m’a terrorisée et j’ai refusé. Je me suis rattrapée après…

Le groupe auquel vous auriez aimé appartenir?
Les Stones! J’aurais adoré chanter Angie avec Mick Jagger.

Quel est le peintre à qui vous auriez aimé commander le portrait de vos enfants?
Modigliani. Louis a hérité de ma tête en long, et Charlotte a de beaux yeux verts – et comme Modigliani peignait des visages longs avec de beaux yeux clairs… Il aurait fait un tableau magnifique de mes enfants. Si vous avez son portable…
Célestine du Bac, Laffont, 336 p.
 

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