Plus de 5.000 propriétés: voici ce que possède le Vatican

Le Saint-Siège a pour la première fois publié la liste de son patrimoine immobilier, ce qui permet de savoir où ses possessions se situent et comment elles sont gérées.

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Jusqu’ici, le Vatican entretenait un certain flou sur ses propriétés mais ce samedi, ce brouillard s’est quelque peu dissipé grâce à une campagne inédite de transparence. Deux documents instructifs ont été publiés: un état financier consolidé pour l’année 2020 et le premier budget public de l’Administration du Patrimoine du Saint-Siège (APSA). Parmi les points les plus intéressants décrits dans ces 50 pages, on trouve des informations sur le patrimoine immobilier du Vatican en-dehors des frontières de la cité-État. On compte ainsi plus de 5.000 bâtiments divers et variés. Un inventaire qui s’accompagne de quelques informations sur ce qui est fait de ces biens.

Une Église loin d’être pauvre

Sans surprise, la grande majorité de ces propriétés se situent en Italie, 4.051 pour être précis, comme le fait savoir l’agence Reuters. Il faut ajouter à cela 1.120 autres biens qui se trouvent ailleurs. C’est beaucoup mais ce n’est pas tout! Le Vatican a évité de prendre en compte ses prestigieuses ambassades disséminées à travers le monde. Puisque le Saint-Siège est représenté dans 182 États sur 195, cela fait un nombre important de palais et autres bâtiments administratifs à ajouter à ce décompte. Le tout sans oublier ses représentations spéciales comme pour l’Union européenne ou l’Ordre souverain de Malte. Bref, cela fait un joli patrimoine pour un si petit État.

Plus concrètement, 40% de ce patrimoine est constitué d’écoles, de couvents et d’hôpitaux. Certaines autres propriétés sont situées dans des quartiers haut de gamme dans les villes parmi les plus chères du monde comme Londres, Paris et Genève. Il s’agit souvent ici d’investissements, qui ne sont pas toujours bons d’ailleurs. L’exemple le plus représentatif des dérives du Vatican est un bâtiment situé dans le quartier huppé de South Kensington, proche du centre de Londres. Il est au cœur d’une affaire de détournement et de blanchissement d’argent et un procès a actuellement lieu au Vatican à son propos. Le bien devrait être bientôt vendu.

Mais ce bâtiment londonien n’est manifestement pas le seul mauvais placement. Le Saint-Siège comptait en 2019 un déficit de 79,2 millions d’euros. Une somme qui s’est quelque peu amoindrie en 2020, avec 64,8 millions d’euros. Pour combler cette perte, le Vatican a notamment pu compter sur les 50 millions issus du «Denier de Saint-Pierre», c’est-à-dire les fonds rassemblés par les fidèles catholiques destinés à la papauté. En 2015, ce denier avait fait polémique lorsque des journalistes italiens ont révélé que près de la moitié de ses 400 millions d’euros servaient à combler les dépenses somptueuses de certains cardinaux.

Les documents d’hier révèlent enfin ce que le Vatican fait de ses possessions en Italie. Il s’avère notamment que seulement 14% de ces biens sont loués au prix du marché. Les autres sont cédés à des tarifs réduits. Cela permet à de nombreux employés de l’Église de s’y installer à moindre frais dans des bâtiments qui leur seraient autrement inaccessibles. Pour le service des finances du Saint-Siège, c’est le prix à payer pour préserver le faste et le prestige de l’Église de Rome.

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