Inondations : 31 décès, alors que le nombre de disparus augmente à 116

Les recherches continuent et ce nombre de disparitions devrait encore fluctuer dans les prochains jours.

On continue de fouiller les décombres. (Belga)

Ce mardi, dans beaucoup de communes belges, l’inondation fait déjà partie du passé. Le nettoyage est fait, les déchets sont sur le trottoir ou déjà emmenés. Dans d’autres, on est encore au travail, on évacue encore tout ce que la crue a emporté ou abimé. Et dans certains coins de Wallonie, les plus touchés, des familles cherchent encore leurs proches dont ils n’ont pas de nouvelles. 

Alors qu’on s’attendait à ce qu’il diminue jour après jour, le nombre de personnes disparues a encore augmenté. Il est passé à 116 ce mardi, d’après les informations de la ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden. Il devrait encore fluctuer pas mal puisque tandis que certaines personnes, ou victimes, sont retrouvées, d’autres disparitions sont seulement signalées par leurs familles.

On dénombre aujourd’hui 31 décès pour l’instant en Belgique. Samedi encore, le corps d’une adolescente de 15 ans a été retrouvé à Hampteau (Hotton). Elle avait disparu mercredi en fin d’après-midi quelques kilomètres plus loin.

Discours officiels

Les marques de soutien envers les sinistrés et les proches des victimes sont nombreuses. Le roi Philippe a notamment avancé d’un jour son annuel discours télévisé à l’occasion de la Fête nationale. L’occasion de manifester sa compassion avec ceux qui ont perdu un des leurs ou dans une situation critique. « Une catastrophe naturelle sans précédent a frappé une grande partie de notre pays. Nos pensées sont auprès des familles et des proches des victimes et de tous ceux qui sont dans la détresse. Le bilan humain est très douloureux. Les inondations ont provoqué d’énormes dégâts dans nos villes et nos villages. Beaucoup ont tout perdu. Souvent le travail de toute une vie, balayé en quelques heures », a-t-il notamment déclaré, avant de remercier les Belges pour leur solidarité, les services de secours ainsi que les aides venues des autres pays d’Europe.

Le Premier ministre Alexander De Croo a également publié une lettre ouverte. Après avoir décrit l’horreur de la situation que viennent de vivre les communes wallonnes, il écrit : « Vous pouvez compter sur nous pour vous aider et pour ne pas oublier. Nous ferons, nous gouvernement, tout ce qui est possible pour soutenir autant que faire se peut les familles et les communautés qui ont été touchées. Nous ne vous abandonnerons pas. » Une lettre qu’il conclut avec un hommage aux services de secours, d’aide et à tous les bénévoles qui ont donné de leur temps pour aider les sinistrés.

Paroles de bourgmestres

Plusieurs bourgmestres se sont aussi dernièrement exprimés sur le manque de considération de la part des instances supérieures aux communes. Notamment Cédric Halin, le bourgmestre de la petite commune liégeoise d’Olne, entre Chaudfontaine et Verviers. Selon lui, il faudra revoir comment le Fédéral, les Régions et les Provinces gèrent ce genre de crise. « Les premiers jours, nous avons été snobés/abandonnés par les responsables hiérarchiques des niveaux de pouvoirs supérieurs […] », a-t-il, entre autres, déclaré à la RTBF. « L’offre de services tardive proposée par les services du Gouverneur a sensiblement compliqué notre gestion des choses, car il manquait une réelle coordination, et les renforts proposés, contrairement aux policiers et pompiers locaux, n’ont aucune connaissance de la géographie de notre zone. »

Du côté de la commune de Hamoir, au bord de l’Ourthe, on regrette que nos élus ne préoccupent que peu des zones inondables. « C’est une matière qui n’intéresse pas beaucoup les politiques. C’est ardu. Il faut pourtant avoir le courage de modifier les plans de secteur en leur donnant plus d’élasticité dans les communes à risques : interdire la construction à un endroit en échange d’autorisations ailleurs », a expliqué le bourgmestre Patrick Lecerf, au Soir.
 

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