« L’eau encerclait le bâtiment, c’était comme des douves »

Monitrice dans un camp de Patro à Charneux, près de Verviers, Véronique explique la nuit qu'elle a passée.

Belga

« Le camp a commencé il y a trois jours. Il pleuvait, mais pas trop. Un été belge, quoi… On est une quinzaine à gérer une cinquantaine d’enfants de 8 à 14 ans. La moitié dormait sous tente dans un champ, l’autre dans un vieux bâtiment sur des lits de camps. Et puis, hier (mercredi), pendant toute la journée, il s’est mis à pleuvoir de plus en plus fort et sans interruption… »

« Résultat, les tentes ont percé, tout était trempé à l’intérieur. On a donc ramené tout le monde dans le bâtiment, sauf qu’il s’est vraiment mis à pleuvoir et que la rue était inondée. Je n’avais jamais vu ça de ma vie ! L’eau encerclait le bâtiment, c’était comme des douves, si un gamin de huit ans tombait là-dedans, il allait être emporté par le courant, c’était hyper impressionnant… »

« On a réussi à faire une chaîne humaine pour ramener toutes les valises comme on a pu. Les voitures ne passaient plus, il y avait de l’eau jusqu’au capot, le courant était super fort, mais on a ramené tout le monde et toutes les valises dans le vieux bâtiment où chacun a trouvé sa place tant bien que mal. On a mis des lits et des sacs de couchage dans toutes les pièces, dans les couloirs, il y avait des valises trempées disséminées partout, on faisait des séances de séchage chacun notre tour… Bref, c’était le foutoir, mais au moins on était au sec !… »

Belga

« Sauf que la cave était inondée. Complètement inondée ! Dehors, il continuait de pleuvoir et il y avait de l’eau jusqu’au bas des escaliers. L’électricité venait et repartait, il a fallu rassurer les enfants qui paniquaient, on n’avait pas de réseau, c’était une ambiance apocalyptique… Heureusement, ce matin, il a arrêté de pleuvoir. Si l’eau était montée jusqu’à l’étage, on aurait dû être évacués d’urgence… »

« C’est bizarre, parce que chaque année, on va au même endroit en camp, sous tente, dehors, et là, pour la première fois, on avait un immeuble en dur. Heureusement parce que sans ça… Le bâtiment a tenu le coup, mais le camp ressemble… Je ne sais pas, à un camp de réfugiés. A la guerre comme à la guerre, comme on dit. Il faut que j’aille m’occuper des gamins, on a plein de trucs à faire, c’est le bordel et je n’ai plus beaucoup de batterie sur mon téléphone… »

 

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