« La Belgique va connaître beaucoup plus de pluies extrêmes et de périodes caniculaires »

Jean-Pascal van Ypersele, ex-vice-président du GIEC et professeur de climatologie à l’UC Louvain, était l'invité d'Il faut qu'on parle sur DH radio ce jeudi matin.

Jean-Pascal van Ypersel @BelgaImage

« Je n’ai jamais vécu des pluies avec une telle intensité et une telle force. » Rapidement Jean-Pascal van Ypersele, ex-vice-président du GIEC et professeur de climatologie à l’UC Louvain, a planté le décor dans notre émission « Il faut qu’on parle ».

Depuis mardi, des torrents d’eau s’abattent en Belgique et plus particulièrement en Wallonie. Ce qui crée de gros problèmes pour la population avec des inondations impressionnantes.

Comment expliquer une telle déferlante? Pour l’invité de DH Radio, le réchauffement climatique y joue un rôle important. « En 1990, le premier rapport du GIEC ne disait pas moins que ceci: selon des prévisions météorologiques, l’effet de serre accentuera les deux extrêmes hydrologiques. C’est-à-dire qu’il y aura plus d’épisodes de pluies extrêmement abondantes et plus de sécheresses prolongées. »

Dans certaines provinces comme celles de Liège, de Namur ou du Luxembourg, les dégâts sont très importants. Pour le professeur de l’UCLouvain, certaines approches peuvent être utilisées pour éviter de telles catastrophes. Selon lui, il faut travailler sur deux plans. »D’un côté la prévention et l’adaptation. Ce qui signifie qu’il faut revoir les infrastructures comme les réseaux d’égouts. Il faut également revoir comment les rivières sont gérées. Car nous avons bétonné beaucoup trop de rives. Les lits des rivières sont bien trop imperméables et cela rend l’écoulement de l’eau beaucoup plus rapide. L’autre volet c’est le plan européen pour combattre l’échappement des gaz à effet de serre. Il faut combattre drastiquement ce phénomène qui accélère fortement la production de ce type de cas. »

Justement, ce mercredi, l’Europe a sorti son plan vert afin de diminuer les émissions de CO2. Si on ne respecte pas ces accords, à quoi ressemblera la Belgique en 2050. « Notre pays va connaître beaucoup plus de pluies extrêmes et de périodes caniculaires. Ces périodes seront toujours plus intenses et plus fortes. Si on continue à laisser le climat se détraquer, cela va s’intensifier dans les années à venir. »

Dans ce pacte énergétique, l’Europe prévoit de ne plus disposer de véhicules thermiques à l’horizon 2035. Tout comme la taxation du kérosène pour le voyage. Les plus démunis ne seront-ils pas les plus affectés? « Effectivement, il faut éviter une réaction comme les Gillets jaunes. Mais dans ce pacte écologique, l’Europe propose d’utiliser un quart des revenus carbone pour aider les plus vulnérables dans cette transition. »

S’il se dit positif par rapport au package européen, Jean-Pascal van Ypersele n’est pas forcément optimiste. « Selon moi, même si on avance, ce pacte n’est pas suffisant. Une diminution de 55% d’émissions de carbones d’ici 2030, c’est une prévision à minima. Mais cela ne me semble pas assez avec l’horizon 0% en 2050 » a-t-il conclu.

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