Vente d’alcool interdite sur les autoroutes: une décision encore peu appliquée

La Sofico veut retirer bières, vins et spiritueux des stations-services autoroutières depuis 2017. Mais cela prend du temps.

On retrouve encore des bières en vente sur la plupart des aires d'autoroute wallonnes. (Maxppp)

Si lors d’un déplacement en voiture, vous vous êtes déjà arrêté à une des deux aires d’autoroutes de Bierges, sur l’E411, ou de Waremme, sur l’E40, vous avez peut-être remarqué quelque chose d’inhabituel. Au premier abord, elles n’ont rien de particulier : une station essence, une boutique… Mais elles diffèrent des autres par un détail : elles ne vendent ni bières, ni vins, ni spiritueux.

En effet, cela fait bientôt 4 ans que la Sofico, la société publique responsable des autoroutes wallonnes, de leur entretien, mais aussi de leurs aires de repos, a décidé d’interdire la vente d’alcool dans les shops des stations-service, mais également dans les établissements Horeca. 

La raison, très logique : diminuer la consommation d’alcool au volant et la conduite en état d’ivresse pour la sécurité de tous. Pas de cannettes de bière dans les frigos, c’est éviter de tenter l’automobiliste assoiffé qui aurait pu choisir une pils plutôt qu’une eau, un jus ou un soda.

En septembre 2017, Waremme et Bierges sont devenues les précurseurs de cette nouvelle norme, mais, comme le souligne la DH, quasi quatre ans plus tard, ce sont toujours les seules.

Concessions

En effet, la Sofico fait face à un sacré obstacle. L’organisme signe des contrats de concession avec les exploitants de chaque aire d’autoroute, immuables jusqu’à leur terme. Il faut donc attendre que ceux-ci se terminent afin d’en modifier les règles. On va donc voir cette interdiction se propager très doucement sur le réseau autoroutier wallon. 

Si tout se passe comme prévu, les aires d’Hondelange (E411) devraient être les prochaines et pourraient retirer bières et vin de ses rayons avant la fin de l’année, tandis que cela pourrait arriver début de l’année 2022 pour les aires de Sprimont, sur l’E25. Cela ferait donc huit aires sans alcool, 4 lieux avec une aire de chaque côté de la route, à chaque fois. Mais il y en a 30 autres en Wallonie. Le dernier contrat de concession dure jusqu’en 2038, donc il faudra attendre cette année-là, voire 2039, avant qu’on ne trouve plus d’alcool en vente au bord de nos grands axes routiers wallons.

Si la Sofico continue de faire appliquer cette mesure au fil des années, ce qui n’est pas entièrement garanti. « À la lumière des premières expériences menées, le CA devra se pencher au cas par cas lors du renouvellement des prochaines concessions sur l’opportunité d’étendre ou non cette mesure. Cette disposition, qui touche à la santé publique, sera prise, bien évidemment, en concertation avec les autorités ministérielles concernées », a expliqué la porte-parole.

Et ailleurs ?

Chez nos voisins français, la vente d’alcool à emporter est interdite dans les stations-service entre 18h et 8h, sur les aires d’autoroute également. On peut, par contre, boire un verre de vin ou de bière dans les établissements de restauration.

Autre différence avec la Belgique, il est totalement interdit de proposer des boissons alcoolisées fraîches, dans un frigo ou un distributeur automatique. Et depuis le 1er juillet, des éthylotests doivent être vendus dans tous les rayons alcool de ces boutiques de stations-service. Plus le rayon est long, plus il doit y en avoir de disponibles !

En Suisse, par contre, la situation est étonnamment toute autre. La vente d’alcool sur les autoroutes était interdite depuis plus de 60 ans, c’est désormais autorisé depuis le 1er janvier de cette année. Les raisons : liberté de concurrence et responsabilité individuelle, ce qui ne plait évidemment pas aux organismes de prévention et de sécurité routière du pays.
 

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