Denis Ducarme: « Ihsane Haouach exprime des arguments qui rejoignent pleinement les thèses des Frères musulmans »

Ce mercredi, Denis Ducarme était l'invité de Maxime Binet dans "Il faut qu'on parle" sur DH Radio.

Denis Ducarme @BelgaImage

Le député fédéral est principalement revenu sur la nomination d’Ihsane Haouach au poste de commissaire du gouvernement au sein de l’Institut pour l’égalité homme-femme et toute l’affaire qui en a découlé. Pour rappel, la jeune femme avait été nommée à cette fonction par la secrétaire d’Etat écologiste Sarah Schlitz, avant de démissionner. Si cette affaire avait rapidement viré en débat sur le port du voile par les représentants du gouvernement, elle a maintenant pris une autre tournure à cause d’une note de la sûreté de l’Etat faisant état de possibles liens entre Ihsane Haouach et l’organisation des Frères musulmans, qui souhaite imposer la charia.

« Sa démission est une très bonne chose », se réjouit ce matin Denis Ducarme. Même si les liens entre les Frères musulmans et Ihsane Haouach n’ont pas été certifiés, le député, lui, constate qu’elle « exprime des arguments qui rejoignent pleinement les thèses des Frères musulmans ». « Quand elle donne une interview dans le cadre du forum européen des femmes musulmanes et qu’elle nous indique qu’il faut plus de lobby pour changer les règles ou qu’elle nous dit qu’en matière de séparation d’Eglise et de l’Etat, les choses doivent évoluer en fonction de la démographie, elle rejoint les thèses des Frères musulmans sur le fond. » Précisons tout de même que, depuis, la principale intéressée est revenue en arrière en réaffirmant le principe de séparation d’Eglise/Etat et en expliquant qu’elle s’était mal exprimée. Elle souhaite également être entendue à propos de la note de la sûreté de l’Etat.

« La confiance se restaure, mais ça va laisser des traces »

Toute cette histoire a eu des conséquences politiques, puisqu’elle a engendré de vives tensions entre Ecolo, à la base de sa nomination, et le MR qui a fait du (non) port du voile dans le service public son cheval de bataille. Pour Denis Ducarme, la conclusion est claire: Ecolo s’est rendu coupable d’une double faute dans l’affaire Haouach. « D’une part, le fait de nommer en catimini une personne qui avait affiché ses préférences convictionnelles de manière ostensible alors qu’elle représente le gouvernement. D’autre part, s’il y avait eu un peu de recherche, on aurait vu les propos qu’elle avait tenus dans certaines interviews. Si on ne parle que de cette affaire depuis six semaines, c’est à cause d’Ecolo. Qui a amené ce bazar? Ce sont eux. De plus, quand on est dans une majorité, on respecte les valeurs de l’ensemble des composantes. Nous n’avons pas été respectés dans le cadre de cette nomination. »

Et les choses ne semblent pas se calmer entre les deux formations. Pas plus tard que ce mardi, Jean-Marc Nollet, co-président d’Ecolo a tenu des propos très durs envers Georges-Louis Bouchez qu’il a accusé d’avoir « poussé les journalistes à écrire des choses fausses ». « C’est risible », réagit simplement Denis Ducarme. « Il faudrait qu’Ecolo arrête de se victimiser et de désigner un bourreau ».

Au vu des tensions, une question est sur toutes les lèvres : est-ce que cette affaire va avoir des conséquences durables entre Ecolo et le MR, qui siègent ensemble au gouvernement fédéral et en Wallonie? « La confiance se restaure, il faudra y travailler, mais ça laisse des traces », conclut le libéral.

Plus d'actualité