Les joueurs italiens méritent-ils leur titre de champions d’Europe ?

N'en déplaise à certains supporters belges, la presse est quasi-unanime: l'équipe italienne était la meilleure de ce championnat et n'a pas démérité son titre.

L'Italie, championne d'Europe. (Pressassociation)

Vendredi 2 juillet, aux alentours de 23h, l’ambiance n’est pas à la fête dans notre pays. Sauf dans quelques communes, où les Italiens de Belgique célèbrent la victoire de la Squadra Azzura face à nos Diables Rouges, 1-2.

Côté Belge, la défaite est difficile à digérer. Les critiques du jeu de nos adversaires, surtout en fin de match, étaient nombreux dans la bouche de supporters belges: blessures simulées, fautes, tentatives de gagner du temps… Pas facile d’accepter de perdre de la sorte. Ça a rappelé à certains la demi-finale de 2018 face aux Français, qui avaient joué particulièrement défensivement.

Et finalement, ce dimanche soir, ce sont les joueurs italiens qui ont soulevé le trophée. Même lot de consolation qu’il y a 3 ans : ce sont les vainqueurs du tournoi qui nous ont battus.
Alors, sans trop de surprises, certains supporters belges, déçus, écœurés ou même rancuniers, ont dit, et diront peut-être encore que l’Italie ne méritait pas sa victoire contre la Belgique, et donc peut-être pas ce titre de champion d’Europe non plus…

Mais est-ce bien vrai ?

Le savoir-faire

En tout, s’il y en a bien un qui en est sûr et certain, c’est le capitaine de la sélection italienne, Giorgio Chiellini. « Nous avons gagné, je pense de façon méritée », a-t-il déclaré à la RAI. « Nous avons senti quelque chose de magique dans l’air. Nous le disions depuis le début du mois de mai et nous le méritons, toute l’Italie le mérite. C’était une sensation incroyable. Merci à tous ceux qui ont fait partie de ce groupe pendant trois ans et nous dédions aussi ce titre à tous les joueurs qui regardent depuis chez eux. »

Même s’il est évidemment très partial dans ce qu’il déclare, il faut souligner que le défenseur de 36 ans sait quand même un peu de quoi il parle, puisqu’il a été sélectionné plus de 100 fois en équipe nationale italienne depuis 2004. Il en a donc vu les hauts et les bas.

Mais la presse semble d’accord avec lui. Même en Angleterre, le Guardian décrit le travail du coach Roberto Mancini comme « sensationnel ». « L’Italie avait le savoir-faire, elle a presque oublié ce qu’est la défaite. Ils sont invaincus depuis 34 matches, une série qui s’étend sur près de trois ans », souligne le journal

Le magazine So Foot va plus loin et se demande : « Et si ces Italiens étaient tout simplement invincibles ? », ajoutant dans un autre papier que « c’est une belle et bonne nouvelle de voir une telle équipe l’emporter, preuve que le football international n’a pas à se résumer à une enfilade d’équipes de contre, de blocs bas rustres et vulgaires, de passes latérales où la seule exigence est de minimiser la prise de risque, quitte à ne plus inventer grand-chose. Il fallait de l’esprit, de l’imagination, de la créativité, du culot aussi, pour jouer comme cette Italie-là. »

L’Équipe va dans le même sens, commentant que « les Italiens ont assez largement mérité leur sacre, au bout d’une finale de faible ampleur ». Le Monde parle lui d’une équipe « séduisante depuis le début du tournoi », « sacrée pour l’ensemble de son œuvre », ajoutant que « la Nazionale est championne d’Europe pour la première fois depuis 1968 et personne ne va crier au voleur. »

Réponse à tout

En Belgique aussi, la presse sportive, peu rancunière, reconnait que la Squadra Azzura n’a volé son titre à personne. C’est d’ailleurs ce que titre la DH, qui précise « qu’à l’arrivée, l’équipe qui a le mieux joué durant le tournoi s’est imposée, ce qui n’a pas toujours été le cas ».

Les consultants de la RTBF ont aussi loué le parcours des Italiens, comme Frédéric Waseige, qui a déclaré que ces derniers « ont résisté à tout et s’imposer de cette manière dans les prolongations et les tirs au but, c’est aussi un signe que ce sont des personnalités et qu’ils sont préparés à tout. Ils ont eu réponse à tout dans cet Euro ».

Il n’y a finalement que dans Le Soir, où on entend un son de cloche légèrement différent. Pour le Français Jean-Michel Larqué, qui commente les matches dans les colonnes du quotidien pour cet Euro après l’avoir fait des années au micro de TF1, si l’Italie a gagné, c’est surtout à cause des erreurs anglaises. Il précise : « Au bout du compte, c’est Donnarumma qui a sorti l’arrêt de plus par rapport à Pickford. On aurait tendance à dire que cela fait partie de la vie. Mais en analysant le match à tête reposée, les conclusions ne seront pas loin d’aboutir au même point de chute. La chute d’une Angleterre qui a laissé tomber par terre le titre qui lui semblait promis. L’Italie courageuse au demeurant, s’est baissée pour le ramasser. »

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