Euro: ce que disent les statistiques sur le choc Italie-Angleterre

Les deux équipes ont de gros atouts en vue de la finale mais les chiffres donnent malgré tout un léger avantage à l'un de ces pays.

Un restaurant londonien avec des drapeaux anglais et italiens, le 9 juillet 2021 @BelgaImage

Ce dimanche soir, l’Italie et l’Angleterre s’affronteront pour décrocher la coupe d’Europe de football. Un moment qui promet d’être tendu tant ces pays ont de sérieux arguments en leur faveur. C’est en tout cas ce que révèlent les statistiques basées sur leur histoire et leurs derniers matchs respectifs. Si chacun de ces pays a connu une traversée du désert ces dernières années, ils sont à nouveau en pleine forme. Mais au jeu de celui qui a l’avantage dans les chiffres, l’Italie mène quand même dans un certain nombre de catégories.

Parcours à l’Euro: l’Italie règne

Sur toute l’histoire de l’Euro, l’avantage est clairement pour l’Italie. Ce sera demain la quatrième finale de la Squadra Azzura. Seule l’Allemagne la dépasse avec six finales. Par contre, elle n’a remporté qu’une fois la compétition, et c’était il y a longtemps: 1968, contre la Yougoslavie. Depuis, elle a perdu contre la France en 2000 et a été ratatinée par l’Espagne en 2012 avec un score de 0-4. Si elle gagne demain, l’Italie sera le quatrième pays à devenir un multiple vainqueur de l’Euro. Jusqu’ici, les seuls pays à avoir accompli cet exploit sont la France avec deux titres ainsi que l’Allemagne et l’Espagne avec trois coupes.

L’Angleterre est pour sa part moins bien lotie. Elle n’a jamais été en finale de l’Euro et n’a disputé qu’une fois une finale d’un grand tournoi. C’était lors de sa victoire à la Coupe du monde de 1966, soit il y a une éternité. L’Angleterre est le treizième pays à arriver en finale de l’Euro.

Les rencontres précédentes: léger avantage italien

Mais pour juger de celui qui pourrait gagner ce dimanche, il vaut mieux regarder leurs rencontres précédentes. Or en la matière, c’est partagé et ça date souvent d’il y a pas mal de temps. Sur les 27 matchs entre les deux équipes, l’Italie en a cartes remporté plus (10 contre 8 pour l’Angleterre), mais les Anglais ont mis plus de buts (33 contre 31 pour la Nazionale). Leur dernier match est à l’image de cette histoire disputée. C’était à Wembley, en 2018, avec un match amical qui s’était conclu sur une égalité (1-1). Petit bémol pour les «Three Lions»: sur les six derniers affrontements contre la Nazionale, ils n’ont jamais gagné et même perdu quatre fois. Leur dernière victoire date de… 1977.

En compétition, l’Italie a là aussi un léger avantage. Leur dernier affrontement en date est celui de la Coupe du Monde de 2014 au Brésil. La Squadra Azzura avait battu les Anglais 2-1. À l’Euro, il faut remonter à 2012 pour voir les deux équipes s’affronter. Les Italiens l’avaient emporté aux tirs au but.

Performances lors de l’Euro: score partagé (ou l’Italie si on veut vraiment un gagnant)

En l’absence d’affrontements récents entre les deux finalistes de 2021, il vaut encore mieux regarder aux matchs de chacun pris séparément pour se faire une idée sur leurs chances. Commençons par l’Italie. Elle a gagné ses dix matchs éliminatoires de l’Euro et a même conclu cette séquence par un coup d’éclat: une victoire 9-1 contre l’Arménie. La dernière fois que la Nazionale a marqué neuf buts, c’était… en 1948. L’Italie a fini première du groupe J avec 30 points. Lors de la phase de groupe, elle a aussi brillé avec trois victoires dont deux fois 3-0 (contre la Suisse et la Turquie). Enfin, en phase finale, elle a parfois eu du mal, concédant même quelques buts, mais a fait face à de sérieux adversaires. La Squadra Azzura a vaincu l’Autriche en prolongation (2-1), les Diables rouges pourtant premiers du classement FIFA (2-1), puis l’Espagne (sixième du même classement) aux tirs au but.

Côté anglais, les joueurs ont également brillé mais si on cherche la petite bête, on pourrait dire que c’est un peu moins glorieux que pour l’Italie. Durant les qualifications de l’Euro, les Three Lions ont remporté sept de leurs huit matchs et concédé une défaite (contre la République tchèque). Ils ont fini premiers de leurs groupes mais n’ont eu « que » 21 points. Petite consolation : le meilleur buteur de cette phase de la compétition est anglais. Il s’agit de Harry Kane, avec douze buts. Il faut aussi saluer le talent de Raheem Sterling, impliqué dans 15 des 37 buts de l’Angleterre sur la même période, dont 8 marqués lui-même et 7 passes décisives. Mais surtout, les Anglais peuvent se prévaloir de n’avoir encaissé aucun but lors de leurs dix derniers matchs. Ils ont juste concédé une égalité face à leurs cousins écossais en phase de groupe. En phase finale, ils ont battu l’Allemagne (2-0), fait de l’Ukraine leur casse-croûte (4-0) et ont dû l’emporter en prolongation face au Danemark (2-1).

Des éléments plus abstraits mais instructifs

Ce dimanche, un détail ne va échapper à personne. Le jeu du hasard a fait que l’Angleterre aura l’honneur de jouer à domicile, c’est-à-dire au célèbre stade Wembley de Londres. Est-ce que cela lui donnerait automatiquement l’avantage ? Pas si sûr. L’Italie se sent bien à Wembley et ça se voit. Sa dernière défaite notable dans ce stade, c’était celle citée ci-dessus contre l’Angleterre en 1978. Depuis, elle a soit concédé une égalité, soit remporté la mise, comme cette année en huitième de finale de l’Euro. Puis jouer la finale à domicile n’est pas une garantie de victoire. Il y a eu cinq matchs de ce genre et cela a abouti à trois victoires pour l’équipe jouant à la maison (l’Espagne en 1964, l’Italie en 1968 et la France en 1984), sans oublier les défaites marquantes du Portugal contre la Grèce à Lisbonne en 2004 et de la France en 2016 contre les Portugais à Saint-Denis. Par contre, jamais l’Angleterre n’a perdu en phase finale d’un grand tournoi lorsque cela se déroulait à Wembley, à la seule exception de la demi-finale de l’Euro contre l’Allemagne en 1996 qui s’est jouée aux tirs au but.

Enfin, il est intéressant de noter que l’Italie connaît plus l’Angleterre que l’inverse et ce pour une bonne raison. Deux joueurs de la Squadra Azzura viennent du club de Chelsea : les Italo-Brésiliens Emerson et Jorginho. Ils ont ainsi pu jouer avec Reece James, Mason Mount ou encore Ben Chilwell, qui seront demain leurs adversaires. De plus, l’entraîneur italien, Roberto Mancini, a joué pour Leicester en 2001 et a été manager de Manchester City entre 2009 et 2013. À l’inverse, les joueurs anglais n’ont jamais fréquenté un club italien. On peut imaginer que cela ait joue un rôle lors des préparatifs de la finale de ce dimanche.

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