Euro 2020 : pourquoi le penalty accordé à l’Angleterre fait polémique

En éliminant le Danemark en demi-finale après prolongation, les Anglais ont comblé tout un pays, mais restent sous le feu des critiques après un penalty litigieux.

Harry Kane célèbre son but. - AFP

L’Angleterre ne s’était plus qualifiée pour la finale d’un tournoi international majeur de football depuis la Coupe du monde 1966. Mieux encore, elle ne s’était jamais qualifiée pour celle de l’Euro. Ce mercredi, les Three Lions ont donc écrit l’histoire.

« Enfin ! » titre le tabloïd britannique Daily Mirror au lendemain de cette victoire. « Après 55 années de souffrance, Harry Kane et ses héros ont battu les Danois, maintenant il faut égaler les immortels anglais de 1966. »

« L’Angleterre est en plein rêve », s’enthousiasme The Guardian, « après un duel intense face au Danemark, l’Angleterre est prête pour sa première finale majeure depuis 1966 ». Pour The Daily Telegraph, les hommes de Gareth Southgate sont désormais les « History Boys », tandis que Daily Mail ose un jeu de mots avec le nom du capitaine dont son but a délivré le peuple anglais : « Kane You Believe It ! »  

Pour le tabloïd The Sun, cette qualification est sans aucun doute « le meilleur sentiment du monde ». Le journal The Times voit, quant à lui, déjà plus loin : « si cela peut sembler si merveilleux une fois que cela a cessé d’être si angoissant, imaginez le délire si l’Angleterre remporte l’Euro 2020 dimanche. » Pour cela, il faudra battre l’Italie. Pour cela, les Anglais auront un avantage de taille : ils joueront à domicile, toujours à Wembley. Comme en 1966.

Valeureux Danois

La BBC tient tout de même à saluer la performance exceptionnelle des Danois « qui peuvent garder la tête haute ». Au début de cet Euro, personne n’aurait parié sur cette équipe marquée par l’arrêt cardiaque de leur meilleur joueur, Christian Eriksen, dès le premier match. À force de courage, de solidarité et d’un jeu séduisant, les hommes du nord ont charmé tout le continent.

Ce mercredi, ils ont mené contre l’Angleterre, après un magnifique coup franc de Mikkel Damsgaard, puis encaissé un but contre leur camp, avant de céder, en prolongation, sur un penalty discutable transformé en deux temps par « HurryKane ».

Penalty ou pas ?

Au lendemain de cette demi-finale, remportée in extremis par l’Angleterre, ce penalty sur Raheem Sterling est d’ailleurs au centre des discussions. « Il y a clairement faute. Je suis rentré dans le rectangle, il a tendu sa jambe et c’était un penalty évident », s’est justifié l’attaquant de Manchester City, sans parvenir à faire taire les critiques. Pour beaucoup d’observateurs, le joueur s’est écroulé dans le rectangle après un léger contact. Les critiques se dirigent également vers l’arbitre, qui a accordé sur ce penalty à l’Angleterre.

« Il n’y a pas penalty, estime l’ancien entraîneur d’Arsenal Arsène Wenger sur beIN Sports à l’issue du match. Je ne comprends pas pourquoi ils n’ont pas demandé à l’arbitre de vérifier les images. Dans ce moment, c’est important que l’arbitre soit absolument convaincu, et ce n’était pas assez clair. La VAR a laissé tomber l’arbitre. » Un avis partagé par José Mourinho. « La meilleure équipe a gagné, l’Angleterre était fantastique. Mais il n’y a jamais penalty. En particulier à ce niveau de la compétition, je ne comprends pas la décision arbitrale, et encore moins le fait que la VAR n’ait pas demandé à l’arbitre de vérifier les images », a déclaré l’ancien entraîneur de Chelsea, de Manchester United et des Spurs. « Je suis heureux que l’Angleterre ait gagné, et elle le mérite, mais en tant qu’homme de football je suis déçu que ce penalty ait été donné », a conclu le Portugais.

Des lasers et deux ballons

L’arbitre n’a rien trouvé à redire non plus au sujet des deux ballons présents sur le terrain au moment de la faute qui a provoqué le penalty. Raheem Sterling a même lancé son débordement en frôlant le deuxième ballon, présent dans le coin gauche de la partie danoise depuis plusieurs secondes.

Mais que dit le règlement ? Selon la loi 5 du football, l’arbitre doit « interrompre le jeu uniquement s’il y a eu interférence avec le jeu. Si l’interférence n’empêche pas le joueur qui défend de jouer le ballon, le but est accordé si le ballon franchit la ligne de but ».

Une autre polémique émerge enfin après des images montrant des lasers pointés sur le visage du gardien danois Kasper Schmeichel au moment du penalty. Malgré cette gêne, il aura quand même néanmoins réussi à repousser le penalty dans un premier temps. Autant d’éléments qui font que cette défaite reste en travers de la gorge des supporters danois. 

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