Néo-réalisme italien: la Squadra Azzura bat l’Espagne

« Un miracle », « cynique » : la presse spécialisée salue la victoire d'une l’Italie à l'ancienne, qui a souffert face à une Roja plus flamboyante.

©belgaimage-178446989/ Leonardo Bonucci après la qualification de l'Italie face à l'Espagne

Depuis le début du tournoi (et plus encore après l’élimination de la France et de la Belgique), l’Italie fait figure de favori pour la victoire finale. Mais ce mardi, en demi-finale de l’Euro, la Squadra azurra a souffert comme jamais, dans ce qui fut un des (le plus?) beaux matchs de la compétition. Moins emballants que face aux Diables rouges, les Italiens s’en sortent bien, à la faveur d’une cruelle séance de tirs au but (1-1 après prolongation, 4-2 aux t.a.b).

Comme le note Eurosport, la Nazionale a eu le mérite de s’adapter face à une Espagne « globalement supérieure mais encore brouillonne dans les trente mètres adverses ». Comment ? En opposant un bloc compact et bas aux vagues espagnoles, en acceptant de souffrir et de courir après le ballon, tout en piquant en contre. Et en laissant au vestiaire le « foot en folie entrevu jusqu’ici », remplacé par un « froid réalisme » et par « la cynique beauté des tirs au but ». Bref, en jouant à l’italienne, à l’ancienne.

La victoire du cœur pour l’Espagne

Un constat partagé tant côté espagnol que côté italien.« Nous ne sommes pas les plus forts de tous, mais nous n’avons peur de personne », écrit La Gazzetta dello Sport. L‘ Espagne a dominé. Ils ont mieux joué. Nous avons souffert, mais nous avons gagné. Pour les puristes du football, il y a plus beau jeu, mais c’est tout à l’honneur de l’Italie de gagner contre un adversaire plus fort », se réjouit le média transalpin. « C’est l’adieu cruel d’un Euro », soupire le journal espagnol Marca. « L’Italie nous a refroidis, sans le mériter. Le groupe d’Enrique a dominé son rival, mais l’a laissé en vie. C’est le moment des larmes, mais aussi de la fierté ». De son côté, le journal espagnol AS retient le positif, et veut voir plus loin : « L’Espagne a joué un grand match, mais le succès n’a pas été au rendez-vous. Les hommes d’Enrique ne sont pas à blâmer. Ils ont été meilleurs, ont montré beaucoup de caractère et nous ont excités pour la Coupe du monde de 2022. Seuls les tirs au but ont stoppé notre rêve. Ça fait mal, mais merci ! »

Un bon état d’esprit dans la défaite, qui reflète d’ailleurs le respect dont ont fait preuve les joueurs, tout au long d’un match pourtant plein d’enjeux. Comme en témoigne cette séquence entre Giorgio Chiellini et Jordi Alba, juste avant la séance de tirs au but. On adore.

Vers un deuxième sacre ?

Absente du Mondial 2018, l’Italie a pris une belle revanche en se qualifiant pour la finale de l’Euro, la quatrième de son histoire après 1968, 2000 et 2012. « Le mérite, c’est d’abord celui des joueurs qui y ont cru depuis trois ans, mais ce n’est pas fini, on doit récupérer les forces abandonnées ce soir » a déclaré Roberto Mancini, le sélectionneur italien. Au vu de ce qu’elle a montré depuis le début de l’Euro, la Squadra est probablement favorite pour remporter une deuxième couronne européenne, après son unique sacre de 1968.

Elle devra toutefois retrouver le romantisme dont elle a fait preuve jusqu’ici, tout en conservant le pragmatisme affiché face à l’Espagne. Le défi serait en effet de taille face à des Anglais en confiance, et qui jouent à domicile. À moins que le petit poucet danois ne vienne jouer les trouble-fêtes

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