Les entrepreneurs qui se sont lancés en temps de Covid sont plus fragiles

Les jeunes entrepreneurs qui se sont lancés depuis la crise sont moins accompagnés, font moins appel à des aides publiques mais sont pourtant plus confiants dans leur avenir.

Les nouveaux entrepreneurs sont plus confiants dans l'avenir de leur entreprise depuis la crise.

« Pendant le premier confinement, quasi tout était fermé et donc le nombre de nouveaux entrepreneurs s’est effondré », explique Pierre-Nicolas Schwab de l’agence de marketing « Into The Minds ». Cela a repris par la suite. Depuis le Covid, entre 70 et 80% des nouveaux entrepreneurs se sont lancé sans accompagnement ou alors seulement un comptable. Ils ont fait appel moins souvent à des aides publiques et les structures d’accompagnement (type incubateurs) sont sous-utilisées. Ils font désormais plus souvent appel à du financement privé alors que l’Etat a mis en branle une série inédite d’aides du type droits-passerelles. Ils sont moins expérimentés mais plus diplômés qu’avant la crise. Ce sont 634 créateurs d’entreprises qui ont été sondés par « Into The Minds » pour dresser cette photo.

Le tableau est inquiétant car il montre une grande fragilité dans le chef de ces nouveaux indépendants alors qu’on sait que près de la moitié des jeunes entreprises ne survivent pas dans les cinq à sept qui suivent leur naissance. « Une vraie réflexion doit être menée pour toucher ces créateurs d’entreprises qui se passent d’accompagnement et hypothèquent ainsi leurs chances de succès », souligne Pierre-Nicolas Schwab

Des objectifs personnels

S’ils se lancent, et ça n’a pas changé depuis la crise, c’est parce qu’ils recherchent l’autonomie, la flexibilité ou ont une idée qu’ils veulent pouvoir développer. L’entreprenariat c’est avant tout une question d’objectifs personnels. Il y a une légère augmentation du nombre d’entreprises créées ces dernières années qui se répartissent surtout en Flandre (65%), un peu à Bruxelles (11%) et moins en Wallonie (23%). « La Belgique manque surtout d’entreprises avec des employés car c’est alors qu’elles contribuent à l’économie »

Par contre, les entrepreneurs qui se sont lancés depuis mars 2020 sont 14 points plus confiants dans la réussite de leur entreprise que ceux qui se sont lancés avant mars 2020 (72% contre 58%). Très peu de créateurs d’entreprise affirment en fait que leur décision de se lancer a été influencée par la crise du Covid. « Voir l’évolution avant et après Covid est intéressante mais les différences entre entrepreneurs hommes et femmes l’est plus encore. Une étude à venir portera sur cette question. Les femmes se font encore moins accompagner que les hommes. En se lançant, elles recherchent encore plus que les hommes l’autonomie et la flexibilité. C’est cliché mais c’est chiffré ».

 

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