Pénurie de personnel dans l’Horeca : restos, bars et hôtels sont débordés

Beaucoup d’établissements sont surchargés de travail et n’arrivent pas à recruter. Serveur et cuisinier sont sur la liste des métiers en situation critique pour le Forem.

L'Horeca a besoin de bras et de jambes en salle, en cuisine et en terrasse. (Maxppp)

La pandémie et le confinement n’ont pas été tendres avec bon nombre de secteurs professionnels. Parmi ceux-ci, l’Horeca. Ces établissements ont souvent été pointés du doigts comme lieux où le virus se propageait. Ils ont été fermés, rouverts à moitié, refermés, rouverts…

Aujourd’hui, ils ne travaillent toujours pas comme avant, mais ça y ressemble pas mal. Des règles sanitaires doivent encore être respectées à la lettre, mais les clients peuvent être accueillis en terrasse et à l’intérieur jusqu’à 1 heure du matin. C’est déjà ça.

Malheureusement, ça ne suffit pas à rendre le sourire aux patrons de ces établissements En effet, beaucoup d’entre eux manquent d’effectif, tant en salle qu’en cuisine, forçant ceux de service à se démener pour pallier cette absence de personnel.

La même situation partout

En province de Liège, par exemple, 280 postes sont à pouvoir dans le secteur. « Avant le Covid, on avait du personnel tout le temps, qui venait se présenter régulièrement. Et ici, il n’y a plus personne qui se présente », a expliqué Stefano Munisteri, patron d’un restaurant liégeois, à la RTBF. Il a besoin de deux garçons de salle et d’un commis de cuisine depuis début mai. « Je travaille tous les jours. Je bouche les trous de tout le monde. Je suis aussi bien au bar qu’en salle, je fais aussi de la cuisine ».

Pour trouver une solution à cette pénurie, le Forem, la Société Royale Le Commerce Liégeois ASBL et l’Ifapme se sont associés pour organiser une journée de recrutement façon « speed dating le 13 juillet. Plus de 30 établissements Horeca sont déjà inscrits.

A Bruxelles, ce sont 3.000 serveurs qui ne sont plus au rendez-vous. D’après un sondage auprès des gérants d’établissements Horeca de la capitale, deux tiers d’entre eux cherchent toujours à engager depuis mai. Pourtant, ils ne cherchent pas du personnel très qualifié, au contraire : des bases dans le métier suffisent. 60% des patrons interrogés ont aussi déclaré qu’ils offriraient des CDI aux personnes qualifiées qui postuleraient chez eux.

A Charleroi, la situation est la même : on ne trouve pas de serveurs, qu’ils soient professionnels, intérimaires ou même étudiants. « Durant le confinement, la plupart ont trouvé un job dans des magasins et découvrent la joie d’être à la maison pour 18h au lieu de 22h », a commenté Natacha, gérante d’un bar à cocktail carolo dans la Nouvelle Gazette. Massimo, gérant d’une brasserie à Charleroi également, va dans le même sens : les autres secteurs sont désormais préférés. « Je passe par les intérims pour trouver des renforts, mais c’est difficile parce que je tombe sur des étudiants plus jeunes qui n’ont aucune affinité avec la restauration », a-t-il raconté. 

Changements de vie

Les explications à cette situation sont multiples. Pour ce qui est des étudiants, comme le soulignent plusieurs patrons, ils préfèrent, sans trop de surprise, des jobs pendant les heures de bureau que travailler le soir et les week-ends.

Le Covid et le confinement ont d’ailleurs détourné beaucoup de jeunes des formations pour ces métiers de la restauration et du service. L’IFAPME a compté 21% d’apprentis en mois dans l’Horeca pour l’année 2020-2021. 

Pour ce qui est de ceux qui faisaient carrière dans le secteur, les pros de l’accueil, du service ou de la cuisine, beaucoup n’ont eu d’autre choix que changer d’orientation. « Lors de la fermeture des restaurants et cafés, des personnes se sont retrouvées, non pas au chômage temporaire, mais pour certaines carrément en licenciement et donc elles n’avaient d’autres choix que de se tourner vers d’autres secteurs pour survivre », explique Marie-Kristine Vanbockestal, administratrice générale du Forem, dans L’Avenir. « La crise a également amené certaines personnes à réfléchir au monde d’après, et elles ont profité de cette période pour revoir leur projet de vie. »

Elle ne croit pas pour autant que les bars et restaurants vont rester dans cette situation longtemps. « Celles et ceux qui ont été voir ailleurs finiront par revenir dans l’Horeca, qui est un secteur qui n’est pas très demandeur en termes de qualification », mais « qui s’adresse à des personnes dont les choix de vie sont compatibles avec notamment les horaires ».

Le Forem recense actuellement plus de 1.200 postes à pourvoir dans l’Horeca.
 

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