Vaccination du personnel soignant: « On peut se diriger vers d’autres fonctions si on refuse le vaccin »

Le directeur du Service de médecine interne à l'hôpital Erasme est favorable à la vaccination obligatoire pour le personnel soignant.

47.000 soignants ne seraient pas vaccinés. (Abacapress)

Jean-Christophe Goffard, directeur du Service de médecine interne à l’hôpital Erasme, à Bruxelles, est l’invité de Maxime Binet ce matin dans l’émission « Il faut qu’on parle » sur DH Radio. Il s’est notamment exprimé sur le houleux débat de la vaccination obligatoire pour le personnel soignant.

Lui-même vacciné, Jean-Christophe Goffard plaide pour une conscientisation du personnel soignant: « Ils ont un rôle à jouer dans la protection de leurs patients« . Le chef de service reconnaît cependant se retrouver parfois désarmé face à des discours non-scientifiques venant de personnes qui pourtant sont censées posséder les connaissances sur le sujet: « Les débats peuvent être houleux« , admet-il.

Beaucoup de soignants non-vaccinés

Selon lui, l’une des solutions serait de rendre obligatoire la vaccination pour le personnel soignant: « Assurer la sécurité des personnes qui utilisent les services d’un hôpital ou d’une maison de repos est une priorité. La liberté c’est aussi de pouvoir assurer un service et une santé adéquate. Il est toujours possible de se diriger vers d’autres fonctions que le soin direct aux patients si l’on refuse de se faire vacciner« , argumente Jean-Christophe Goffard. Les conséquences d’une faible vaccination pourraient en effet être catastrophiques pour les patients qui auraient été vaccinés, qui sont immunodéprimés et qui sont incapables de monter une réponse qui les protégerait contre la maladie: « Le soignant risque d’amener et de transmettre le virus à un patient fragile qui risque, lui, de décéder.« 

Ces soignants non-vaccinés représentent un nombre relativement important: 47.000 si l’on en croit les chiffres communiqués par les autorités. Des disparités existent également entre francophones et néerlandophones. Les premiers montrant une méfiance plus marquée vis-à-vis des vaccins contre le coronavirus. Le taux de vaccination est ainsi seulement de 70% dans les homes wallons et bruxellois. Ces différences seraient particulièrement le fait du mouvement antivax: « Ces réseaux sont très actifs en France et il y a une influence non-scientifique qui se dégage.« 

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