Roberto Martinez: avec les Diables jusqu’au Qatar ?

Son contrat dure jusqu’à la fin du Mondial 2022 mais l’Espagnol pourrait s’en aller avant cette échéance.

A quand l'heure du départ pour l'entraineur ? (Reuters)

Bientôt 5 ans que notre équipe nationale de football est entrainée par le même homme, l’Espagnol Roberto Martinez. On s’est rapidement habitué à le voir au bord du terrain, souvent positif, encourageant les Diables et félicitant toutes les belles occasions, même les manquées. 

Cela fait plus de 20 ans qu’un sélectionneur n’était pas resté si longtemps à ce poste. Et souvent, c’est après de grosses défaites ou une grande déception que les fédérations nationales décident d’amener du sang neuf. 

Après avoir emmené les Diables rouges jusqu’à la troisième marche du podium du mondial 2018, Roberto Martinez avait la pression. Tout le monde s’attendait à ce qu’il fasse encore mieux. Mais finalement, l’Euro aura été mi-figue mi-raisin pour les Belges, avec une élimination en quart de finale face à l’Italie. Certains tiennent l’entraineur pour responsable.

Du côté de la RTBF, commentateurs et analystes ont suggéré que les Diables Rouges devraient peut-être secouer leurs habitudes. « Je me souviens qu’après une élimination contre l’Italie à l’Euro 2000 avec 2 penalties ratés par les siens, le sélectionneur néerlandais Frank Rijkaard démissionne car il considère que c’est un échec », a rappelé le consultant Stephan Streker. « Je pense qu’on peut se poser la question de savoir si on peut également mettre du sang frais à ce poste-là. C’est peut-être nécessaire. Ce n’est pas remettre un coach en question que de dire qu’il y a peut-être une nécessité de changement. »

Le sélectionneur devait rencontrer les journalistes vendredi, peu importe le résultat du match contre les Italiens. Une conférence de presse annulée et toujours pas reprogrammée. On l’attend pour cette semaine et ça devrait être l’occasion pour l’Espagnol de confirmer qu’il sera fidèle au poste pour la Nations League cet automne et les qualifications pour le mondial 2022.

« Préparer l’avenir »

D’ailleurs, normalement, sauf surprise, il devrait accompagner les Diables rouges jusqu’à la fin de cette compétition. En mai 2020, la Fédération belge et Martinez ont renégocié le contrat qui les liait afin que celui-ci dure jusqu’en décembre 2022, c’est-à-dire jusqu’à la fin de la prochaine Coupe du Monde, en doublant les revenus de l’entraineur par la même occasion. Ce dernier ne devrait donc pas nous quitter.

Pour Le Soir, le comportement de notre sélectionneur avant et pendant l’Euro ne laisse pas présager le contraire. Apparemment, en plein tournoi, il pensait déjà aux matchs de septembre en Biélorussie et en Estonie, voyages qu’il voulait déjà préparer.

Du côté de la Royal Belgian Football Association, sans président depuis un mois, Mehdi Bayat voulant se recentrer sur son poste d’administrateur-délégué du Sporting de Charleroi, on n’imagine pas Martinez faire ses valises du jour au lendemain. « Nous nous parlons suffisamment pour m’éviter le besoin de devoir lui poser la question par rapport au respect de ses engagements », a déclaré Peter Bossaert, CEO de l’Union belge. « Or, des circonstances ou les lois du Travail lui permettraient de le faire à tout moment. Il faut se sortir ça de la tête – et je sais combien c’est difficile après une telle déception – car l’essentiel est de continuer à préparer l’avenir. »

Dans l’autre sens, abandonner Martinez serait un choix risqué pour la RBFA. Non seulement cela lui couterait très cher mais en plus, des joueurs qui n’apprécieraient pas cette décision, pourraient abandonner l’équipe nationale. 

Contacts et relations bien placées

Pourtant, le doute subsiste dans l’esprit de certains observateurs. D’après Le Soir, du côté du Centre national de Tubize, on a noté que Martinez parle assez peu du mondial 2022, ce qui étonne certains.

Ensuite, il est de notoriété publique que Martinez a eu des échanges avec le célèbre agent Pini Zahavi, ainsi qu’avec Tottenham. L’entraineur tend donc une oreille attentive à ce qu’on lui propose ailleurs. On connait aussi ses liens avec Jordi Cruijf, directeur sportif du Barça, ce qui fait que certains imaginent le sélectionneur des Diables sur la liste des candidats lorsque le club espagnol cherchera un successeur à Ronald Koeman. 

Mais aucune hypothèse n’imagine en tout cas Martinez quitter la Belgique avant l’automne et la Nations League. Non seulement parce qu’il semble déjà concentré sur les prochains matchs de notre sélection nationale, mais également parce qu’aucun poste pour un entraineur de son calibre ne semble actuellement vacant.
 

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