Canicule : près de 50°C au Canada, bientôt chez nous ?

Avec le réchauffement climatique, ces phénomènes climatiques, surnommés "dômes de chaleur", devraient être de plus en plus intenses.

En Colombie britannique, on se rafraichit comme on peut ! (Reuters)

Cela fait plusieurs jours que la Colombie britannique, à l’ouest du Canada, et la Californie, à l’ouest des Etats-Unis, font face à des températures extrêmes, « un dôme de chaleur ».  Le record a même été battu dans la région de  Vancouver avec 49,5°, causant de nombreux décès soudains et beaucoup d’incendies, provoquant même la destruction du petit village de Lytton, dont les habitants ont dû être évacués. 

Plus près de nous, la Grèce vit également une période difficile depuis une dizaine de jour, les température ayant dépassé les 40° dans plusieurs régions du centre du pays, forçant mêle Athènes à fermer l’Acropole.

En Belgique, nous sommes loin de tout ça, surtout après ce mois de juin automnal, mais ce phénomène nous rappelle évidemment les canicules de ces dernières années. Lorsque le mercure tutoyait les 40°, cela nous semblait insurmontable. Comment imaginer vivre une journée à 50° ? Il faut se préparer à ce que ça arrive.

Une fin de mois chaude

Christophe Cassou, climatologue et directeur de recherche au CNRS, explique au Parisien que la canicule qu’a connu l’Europe en 2003 est liée au même type de phénomène atmosphérique et que nous pourrions y faire face à nouveau dans quelques années. « Aujourd’hui, il est plus facile de battre des records de chaleurs, puisque le climat se réchauffe », explique-t-il. « Il faut voir le réchauffement climatique non pas comme un créateur de ce phénomène, mais comme un amplificateur. […] En 2003, c’était l’Europe de l’Ouest. En 2021, c’est l’Amérique de l’Ouest. La probabilité que ce type de circulation émerge dans le futur est grande. Inéluctablement, la France connaitra des vagues de chaleur de ce type. »

Mais ce genre de pics de température ne devrait pas avoir lieu cet été. Selon La Chaine Meteo, ce début de mois de juillet devrait être assez changeant et orageux en Europe de l’Ouest, avec un risque de canicule tout de même pour la deuxième quinzaine du mois. Ce sont surtout les pays d’Europe centrale qui devraient être touchés par de fortes chaleurs, mais nos pays occidentaux ne sont pas à l’abri, surtout vers fin juillet-début août. Pas de quoi battre des records, mais quelques jours de soleil intense sont à prévoir.

Nos communes sont-elles prêtes ?

En tout cas, les situations en Amérique ou en Grèce effraient aussi chez nous, et c’est normal. Plusieurs villes ont déjà activés leurs plans canicules, comme Mons, dont le département Cohésion Sociale appellera régulièrement les personnes âgées et/ou « isolées » en cas de forte chaleurs. 600 personnes figurent sur ce registre actuellement. « Les inscriptions sont toujours possibles et j’encourage vivement les personnes de 75 ans et plus et/ou aux personnes isolées à s’inscrire », a déclaré le bourgmestre montois à la RTBF.

A Liège, la question a été soulevée : la Ville est-elle prête à faire face à d’intenses chaleurs ? Pas des 38° ou des 39°, mais bien des 50°. « C’est une menace beaucoup plus grave. Via le plan Canicule, je crois qu’on n’aurait pas trop de mal à entrer en contact avec les personnes les plus fragiles. Ou à ouvrir des points d’eau. Mais face à une crise grave et immédiate, où les routes, les canalisations se mettent à fondre, on n’est pas préparé », a déclaré le conseiller communal François Schreuer (Vega) à L’Avenir. 

Il aimerait que la Cité Ardente se prépare à de telles situations. « C’est important d’avoir des bâtiments publics dans les quartiers prêts à servir de refuges, de lieux de distribution de nourriture. C’est important de rendre ces bâtiments plus résistants aux changements climatiques, pourquoi pas grâce à des puits canadiens pour créer de la fraîcheur (et pas seulement recourir à l’air conditionné), des pare-soleil, etc. Ça ne se fait pas en trois jours. Mais ça peut changer beaucoup de choses. »
 

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