Euro: l’euphorie de la presse italienne, le désespoir de la belge

Suite à la victoire de la Squadra azzurra sur la Belgique, les journaux italiens encensent la Nazionale alors que les quotidiens belges évoquent des Diables clairement dominés.

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Que ce soit en Belgique ou en Italie, ce samedi matin, le mot «rêve» apparaissait partout. Mais évidemment, après la défaite des Diables rouges face à l’Italie (1-2), le sens était bien différent d’un pays à l’autre. En Belgique, il est «brisé», comme le titrent la Libre, la DH ou encore la Gazet van Antwerpen. C’est même plutôt un cauchemar! À l’inverse, en Italie, «le rêve continue» célèbrent en une le Giornale et Libero. «Maintenant l’Italie peut rêver», se réjouit Il Tempo alors que le Corriere della Serra se passionne pour «l’Italie du rêve». Et pendant que la presse italienne se découvre de nouveaux talents dans la Nazionale, la belge se réveille aujourd’hui avec la gueule de bois et se décide à partir à la chasse au(x) coupable(s).

Une Belgique qui se questionne

Chez nous, le premier sentiment, c’est d’abord celui d’avoir quitté la compétition trop tôt, alors que beaucoup entrevoyaient déjà une victoire en finale le 11 juillet. C’est particulièrement explicite avec L’Avenir qui titre: «La Belgique dit trop vite ciao à l’Euro». Puis il y a aussi la déception, que ce soit au Soir qui se dit que c’est «encore raté»pour remporter une compétition internationale, ou du côté du Morgen qui constate que la «génération dorée ne peut toujours pas récolter» les fruits de ses promesses.

Il y en a qui se veulent plus positifs, comme De Gentenaar («Ils se sont battus comme des lions»), mais ils sont minoritaires. Globalement, l’avis le plus partagé, c’est ce que Het Laatste Nieuws a choisi de titrer: «Un seul peut être le meilleur, et c’était l’Italie». C’est un quasi-consensus: les Diables ont été dominés, surtout en première mi-temps. «Cette organisation belge a manqué de cohérence, contre une Italie qui avait des jambes et a cassé les lignes, en venant de partout et étirant le bloc belge», constate La Libre. «Tactiquement et techniquement, les Italiens étaient au-dessus mais c’est l’écart de rage de vaincre qui était le plus marquant». «Les Diables ont manqué d’efficacité», confirme la DH. Et quand arrive la remise des bulletins, c’est toujours Jérémy Doku, le plus jeune des Diables, qui s’en sort le mieux, que ce soit grâce au penalty qu’il a provoqué et qui a permis à la Belgique de marquer son seul but, ou par ses habiles attaques en seconde mi-temps. Jan Vertonghen est au contraire accusé d’avoir commis une faute cruciale qui a permis à l’Italie de marquer un point.

Sur le plateau de la RTBF, qui a réagit à chaud hier, l’heure était aussi au bilan. Pour le chroniqueur Swann Borsellino, certes la Belgique était affaiblie par l’absence d’Eden Hazard et la déchirure des ligaments de De Bruyne, mais le mal est plus profond. «La contreperformance est tactique pour la Belgique. Les enseignements pour 2022 ne seront pas liés aux blessures», constate-t-il. Pour lui, l’attaque belge est trop prévisible et dépend trop de De Bruyne et Hazard. Un de ses collègues sur le plateau ose même évoquer le «tabou» suprême: faut-il «remettre en question le coach», Roberto Martínez? Possible, dit-il, mais pour l’instant, c’est à la fois trop tôt et pas dans les habitudes de la Belgique, «un pays gentil» qui n’est pas aussi dur vis-à-vis de son sélectionneur après une défaite comparé à d’autres pays comme les Pays-Bas et la France. Interrogé à ce sujet, Roberto Martínez a d’ailleurs évité la question en conférence de presse en ne disant que ce n’était pas le moment de parler de cela.

Veni, vidi, vici

Pendant que la Belgique pleure sa défaite, l’Italie est sur un petit nuage. Le Quotidiano sportivo s’est fait un plaisir d’admirer ces «furies bleues» qui ont terrassé les Diables. Pour la Repubblica, «la nuit rend belle» une Nazionale «capable de tout», «remplie de technique, de courage et de confiance». Car si les Italiens sont si fiers, c’est surtout grâce à leur capacité à oser l’attaque. Le milieu de terrain de la Squadra s’est lui aussi démené, à l’image des percées fracassantes de Leonardo Spinazzola, tellement déterminé à courir à pleine vitesse qu’il s’est rompu le tendon d’Achille vers la fin de la rencontre.

Sous des airs de «Veni, vidi, vici», la Gazzetta di Parma résume la position de la Nazionale en disant: «Elle lutte, elle souffre, elle vainc». Car toute la presse italienne le reconnaît, battre la Belgique était loin d’être une sinécure. «C’est l’équipe qui siège au sommet du classement mondial, un véritable obstacle, haut et compliqué», relève le Quotidiano sportivo. Mais la force de Lorenzo Insigne, reconnu comme «homme du match», de Nicolò Barella et du gardien Gianluigi Donnarumma ont fait pencher la balance côté italien.

Interrogé suite à la victoire de la Nazionale, le sélectionneur de la Squadra, Roberto Mancini, s’est montré très satisfait de la rencontre. «Nous avons mérité de vaincre, les gars ont été extraordinaires dans le jeu», se réjouit-il. «La route est encore longue. Il reste deux matchs. L’Espagne? Maintenant profitons de cette victoire».

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