Les voyages ont joué un rôle majeur dans la résurgence du Covid l’été dernier

Ce sont les résultats d’une étude belge, qui sonne comme un avertissement.

©belgaimage-165107059

Alors que le coup d’envoi des vacances a été donné officiellement ce jeudi, une étude, menée conjointement par la K.U. Leuven et l’ULB, appelle à la prudence. Ou joue les rabat-joies, chacun jugera. L’analyse des chercheurs, parue dans la revue Nature, montre en tout cas l’impact des voyages internationaux sur la circulation du virus lors de l’été 2020.

À l’aide de données sur l’épidémie, sur les séquences génomiques du virus et sur la mobilité provenant de dix pays, dont la Belgique, l’étude reconstitue la distribution géographique des souches du virus. Ses résultats montrent que dans la majorité des pays étudiés, plus de la moitié des souches circulant à la fin de l’été 2020 venaient de nouvelles introductions, à partir du 15 juin. De quoi suggérer que les voyages internationaux ont joué un rôle important dans l’émergence de ce qui allait devenir la deuxième vague.

Les chercheurs ont également montré que l’impact des nouvelles souches était d’autant plus important que les taux de circulation du virus étaient faibles dans une région donnée. Traduction, métaphore incendiaire à l’appui, avec l’épidémiologiste Simon Dellicour (FNRS) : « S’il y a déjà beaucoup de petits foyers dans une forêt, en allumer quelques-uns en plus ne fera guère de différence : le feu se propagera de toute façon », expliquait-il à Belga. En revanche, s’il n’y a que quelques foyers sporadiques, alors en allumer de nouveaux peut accélérer et augmenter la violence de l’incendie à venir ». Pour la Belgique, les nouveaux foyers sont principalement venus de France, de l’Allemagne, du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie… Grosso modo, les destinations touristiques les plus prisées par les Belges.

Contre la montre

Cet été, campagne de vaccination oblige, les cartes seront quelque peu rebattues dans les pays étudiés. Mais les chercheurs soulignent que rien n’est encore joué, les campagnes de vaccination étant toujours en cours.

D’autant plus avec le variant delta, plus contagieux, qui n’était pas de la partie l’an dernier. « Face à ce variant, l’importance des deux doses de vaccins semble d’ailleurs capitale (là où on était déjà bien protégé par une première dose face au variant Alpha), cadrait Simon Dellicour dans La Libre. Il y a donc en quelque sorte aujourd’hui une course contre la montre entre la progression de ce variant en Europe et l’avancée des campagnes de vaccination ». D’où cet appel à la prudence…

Plus d'actualité