Le certificat covid pour voyager entre en vigueur ce jeudi : comment va-t-il être contrôlé ?

Le certificat sanitaire entre en application ce 1er juillet dans l’espace européen. Mais la Belgique ne semble pas encore totalement prête à l’utiliser et à le contrôler.

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Depuis le temps qu’on vous en parle : le « EU Digital Covid Certificate » (c’est son nom officiel) est enfin là. À partir de ce jeudi et pour les douze prochains mois, le certificat sanitaire sera le laissez-passer à dégainer pour voyager à travers l’Europe. Selon la Commission, tous les États membres (le certificat est d’application dans les 27 pays de l’UE, plus la Suisse, le Liechtenstein, l’Islande, et la Norvège) devraient désormais être en mesure d’en émettre et d’en accepter. À l’exception de l’Irlande, touchée par des cyberattaques, et qui pourrait donc prendre un peu de retard.

Pour rappel, le certificat dresse votre « profil » sanitaire selon trois données à faire valoir pour voyager : vaccination (type de vaccin, nombre de doses, etc.), dépistage (date et type de test, résultat négatif ou positif) ou guérison, après avoir contracté la maladie (avec la durée théorique de l’immunité). On se le procure via l’application CovidSafeBE, le site masante.be ou par courrier postal.

De quoi simplifier la vie aux vacanciers ? C’est en tout cas l’objectif, via une harmonisation des procédures d’accès au territoire de chacun des 27. Mais il semblerait que le système soit, en Belgique, promis à un démarrage laborieux. Comme à Brussels Airport : 37.000 passagers y sont attendus ce 1er juillet. Or, à la veille du lancement du certificat européen, subsistaient encore des doutes pour savoir qui exactement allait contrôler le détail des certificats.

Le contrôle des données en question

« Depuis le début, on vérifie que le passager a tous les documents nécessaires pour pouvoir voyager et accéder à sa destination, ce qu’il y a dans ces documents relève logiquement de la responsabilité du passager, détaillait Brussels Airlines dans Le Soir. On vérifie la présence du document, pas son contenu. C’est pareil avec le certificat européen. On demandera aux gens s’ils ont un certificat mais on ne peut ni ne veut vérifier ce qu’il contient. S’ils ont un certificat, on les laissera passer ».

Du côté des compagnies aériennes, on expliquait ne pas avoir le droit de vérifier les détails affichés sur le certificat covid (comme la date de vaccination, et le nombre de dose reçu, etc.). Ce qu’a démenti la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V). Celle-ci expliquait mercredi soir qu’il existait bel et bien « un règlement européen qui stipule que les compagnies aériennes ont cette autorisation ».

Harmonisation limitée

 Chez Brussels Airlines, on met en avant la longueur de la procédure de contrôle des certificats, qui prendrait « quatre à six fois plus de temps », selon une porte-parole. « Nous allons continuer à travailler avec les contrôles visuels, a expliqué la compagnie belge. Le scan du code QR ne montrerait actuellement pas s’il s’agit d’un test PCR négatif, d’une vaccination ou d’anticorps. Comme chaque destination applique actuellement des règles différentes, ce code ne nous est pas d’une grande utilité. Il n’y a rien d’autre à faire que de vérifier les documents visuellement ». On touche ici aux limites de l’uniformisation des mesures tant vantée par l’Europe : chaque pays reste par exemple libre d’accepter sur son territoire une personne n’ayant pas encore reçu de deuxième dose (pour faire valoir le certificat européen en Belgique sur base de la vaccination, il faut avoir reçu la deuxième dose depuis 14 jours).

Chez TUI Fly, on pointe aussi les difficultés de procéder à des contrôles : « Nous n’avons pas le temps (..) de vérifier si le voyageur possède tous les documents nécessaires pour se rendre dans son pays de destination. (..) Des règles différentes s’appliquent d’un pays à l’autre. De plus, nous ne savons pas si nous violons le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) en vérifiant ce certificat. Nous demandons donc au gouvernement de réfléchir avec nous pour trouver une solution, mais en réalité il est déjà trop tard. Le certificat est lancé aujourd’hui ».

Autre aéroport, autre problème : à Charleroi, la police va être amenée à faire des vérifications, principalement aux retours. Pour l’heure, les policiers ne sont pas encore tous munis du matériel nécessaire pour lire et contrôler les QR codes du certificat européen. « Nous n’avons pas encore suffisamment de matériel espéré ou souhaité », expliquait la police fédérale dans Le Soir. « Nous allons tout mettre en œuvre pour ne pas engendrer des files supplémentaires, surtout qu’on est au début des vacances ». « Le passeport vaccinal est une possibilité en plus censée simplifier les contrôles. Nous verrons si c’est bien le cas », ajoutait prudemment un agent de police sur place, à Belga.

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