« Waar is da feestje ? » : la chanson des Diables au centre d’un conflit sur les droits d’auteur

Le morceau chanté à pleins poumons par les supporters belges fait l’objet d’un conflit sur les droits d’auteur. De quoi coûter des milliers d’euros à la fédération belge de football ?

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« Waar is da feestje ? Hier is da feestje ! » À défaut d’être l’hymne officiel de l’équipe nationale, c’est LE cri de ralliement noir jaune rouge depuis quelques années. Tout supporter des Diables qui se respecte s’est déjà cassé la voix en l’hurlant, pour saluer les exploits de la bande à Kevin. Mais la paternité du morceau pose aujourd’hui question. C’est une nouvelle histoire bien belge, à base de rap, de kitch, et… de pains libanais, vu les noms des deux protagonistes.

Diego De Mol, du groupe De Pitaboys, revendique en effet la paternité de l’hymne. Selon Het Laatste Nieuws, il menacerait de réclamer plusieurs dizaines de milliers d’euros à la fédération belge de football et au rappeur Pita, qui a lui aussi interprété la chanson. La version qui est généralement lâchée à plein tube dans les haut-parleurs des stades, c’est celle des Pitaboys. Sortie en 2010, on la doit, donc, à Diego De Mol et Kurt De Wilde.

Selon HLN, la plupart des revenus collectés au titre de droits d’auteur iraient depuis des années au rappeur Pita, qui avait utilisé la phrase emblématique dans un clip datant de 2007. Une injustice, pour Diego De Mol. Selon le chanteur de 49 ans, le titre-hip-hop de Pita n’a « rien à voir avec ce qui est chanté partout aujourd’hui. C’est notre version », a insisté Diego De Mol, auprès du média flamand. Le chanteur accuse aussi la fédération belge de baser son merchandising sur ce « Waar is da feestje ? », ce que l’Union belge a démenti.

Suite à une plainte, la maison de disques de De Mol l’a poussé à renoncer à ses droits d’auteur. Selon lui, l’origine du morceau remonterait en réalité à une chanson allemande plus ancienne. Un argument qu’il compte utiliser contre Saïd Aghassaiy, si nécessaire en justice. « S’il ne me donne pas ce à quoi j’ai droit depuis des années, alors j’informerai cet artiste allemand » a prévenu Diego De Mol, qui espère partager équitablement les revenus, aussi avec Kurt De Wilde, son compère des Pitaboys. « Pour moi, Diego peut avoir tous les crédits pour la version qu’il a faite, a répondu le rappeur Pita à HLN. Mais il y a un sample d’une de mes chansons, et la rémunération a été réglée à l’époque par ma maison de disques. Que puis-je encore dire là-dessus ? »

Dans l’ADN des fans

L’origine de la punchline « Waar is da feestje ? Hier is da feestje ! » reste assez floue. Un journal néerlandais expliquait qu’elle remonterait à 2007, lors d’une rencontre du rappeur Pita avec des élèves d’une école d’Etterbeek. En 2010, les supporters du KV Malines (Pita vient de Malines) s’emparent de la chanson. Vient ensuite la version kitch et remaniée des Pitaboys, qui atteint à l’époque la 10ème place de l’Ultratop flamand. Il se répand ensuite dans les travées des autres stades belges.

Quel que soit l’issue de ce conflit sur les droits de « Waar is da feestje ? Hier is da feestje ! », le morceau est désormais gravé dans l’ADN des fans des Red Devils. Qui continueront de l’entonner, à chaque victoire de la Belgique. Comme vendredi, face à l’Italie ?

 

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