Euro 2020 : l’hécatombe des favoris

Le groupe de la mort est mort. Les trois poids lourds Portugal, France et Allemagne ont tous été éliminés en huitièmes de finale. Qui reste-t-il pour gagner l'Euro ?

Thomas Muller après avoir manqué un but. - AFP

Tout a commencé avec l’élimination surprise des Oranje. Pourtant annoncés comme les grands favoris de la rencontre, les Pays-Bas sont tombés dimanche 27 juin face à la République tchèque (2-0). Les connaisseurs se rappelleront toutefois que c’étaient déjà les Tchèques qui les avaient privés de l’Euro 2016. Cinq ans plus tard, le sort s’acharne sur les Néerlandais, réduits à dix après un carton rouge de Matthijs de Ligt, pour une faute de main volontaire. Cette défaite a fait une victime collatérale : Frank De Boer. Sous le feu des critiques, le sélectionneur néerlandais a annoncé sa démission ce mardi. Le contrat entre qui le liait à la Fédération néerlandaise de football stipulait que son équipe devait aller au moins jusqu’en quarts de finale. « L’objectif n’a pas été atteint, c’est clair », a-t-il regretté.

Le soir même, la Belgique sort le Portugal, au terme d’un match quelque peu décevant, mais efficace. Malgré sa domination en deuxième mi-temps, le champion d’Europe en titre n’est pas parvenu à égaliser. « Le ballon ne voulait pas rentrer aujourd’hui », a glissé Cristiano Ronaldo à l’oreille de Thibaut Courtois. Eliminé aux portes du quart de finale, celui qui est devenu le meilleur buteur de l’histoire en sélection avec 109 buts, comme l’Iranien Ali Daei, ne pourra pas battre son propre record lors de cette compétition.

Autre favori disparu prématurément, la France s’est pris une claque lundi après son élimination en huitièmes de finale face à la Suisse. Contre toute attente, l’outsider a battu le champion du monde aux tirs au but, au terme d’un match complètement fou. « Si on s’arrête, c’est qu’on ne mérite pas plus », a reconnu Didier Deschamps. Tenu responsable pour ce fiasco, le sélectionneur français a vécu le premier échec retentissant de sa carrière. Au point de remettre en question sa place à la tête des Bleus ? Normalement pas. Le contrat de DD expire à l’issue de la Coupe du monde au Qatar, mais « pour continuer une mission, il faut être tous les deux sur la même longueur d’onde », a commenté Noël Le Graët, président de la Fédération française de football, reconnaissant avoir « besoin de discuter » avec lui.

Mbappé

La déception de Kylian Mbappé face à la joie des Suisses, après l’élimination des Bleus. – AFP

Ce mardi, l’autre choc des huitièmes de finale a fait une nouvelle victime. Dans un stade de Wembley survolté, l’Angleterre a enterré le dernier rescapé du groupe de la mort, l’Allemagne, faisant taire les mauvaises langues. Avec le retour du patron Thomas Müller, la Mannschaft paraissait d’attaque, alors que les Three Lions, emmenés par le capitaine Harry Kane, n’avaient pas marqué les esprits durant la phase de groupes.

Trois rescapés

Sans le Portugal, tenant du titre, et la France, championne du monde, qui sont les favoris ? L’Espagne semble déterminée à effacer des mémoires ses dernières déconvenues, au Mondial 2018 en Russie et à l’Euro 2016 en France, où elle avait été à chaque fois éliminée en huitièmes de finale. Après une préparation chamboulée par le Covid-19f, la Roja est, petit à petit, montée en puissance. En quatre matchs, l’équipe espagnole qui affrontera la Suisse ce vendredi a inscrit onze buts, ce qui fait d’elle la plus adroite face aux cages de cet Euro. Devant l’Italie.

Avec un jeu collectif séduisant, la Squadra Azzura est devenue l’une des favorites de cette compétition, avec neuf buts inscrits contre un seul encaissé. Autre statistique impressionnante : Roberto Mancini a battu samedi le record d’invincibilité pour un sélectionneur de l’équipe italienne avec un 31e match sans défaite.

De quoi faire trembler leur prochain adversaire, la Belgique. Autres favoris survivants, les Diables rouges ont, eux aussi, concédé qu’un seul but depuis le début de la compétition. Avec des armes offensives et défensives qui ont fait leur preuve face au Portugal de CR7, notre génération dorée vise sa première consécration internationale, après une brillante troisième place à la Coupe du monde en Russie. Pour cela, il faudra donc battre un nouveau titan vendredi soir. Pour la suite – si suite il y a -, les Belges affronteraient en demi-finale, soit l’Espagne, soit la Suisse qui, après le match face à la France, a toutes ses chances. Et en finale, le vainqueur du match entre l’Angleterre et Suède ou Ukraine. Pour rappel, depuis 2018, seules deux équipes ont battu la Belgique… la Suisse et l’Angleterre. Nous voilà prévenus.

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