« On a vu tout un pays sur la pelouse » : Philippe Albert a toujours les mots pour le dire

Après notre victoire face au Portugal, Philippe Albert a encore trouvé la juste expression pour évoquer une Belgique qui a mis tout son coeur à l'ouvrage.

Les Diables rouges, avant le coup d'envoi de Belgique - Portugal. - Reuters

“On a vu tout un pays sur la pelouse”. Notre Maître Yoda a des formules qu’on n’oublie pas. Son “Je l’ai dit, bordel” en Coupe du monde a marqué l’histoire et quelques t-shirts. Après notre qualification pour les quarts de l’Euro, Philippe Albert a encore trouvé la juste expression pour dire que la Belgique, supporters et équipe unis, avait tant envie de bonheur qu’elle était prête à le payer de sueurs, de frissons et même d’une larme d’un De Bruyne qui n’avait plus l’air de s’en “battre les c…”. Tout le match, on a vu Eden remuer la cheville pour la tester avant de se relever. Ce sont les muscles qui ont lâché. Quand on y met tant de cœur, le corps trinque. Ce lundi, on s’inquiète pour eux. Mais une victoire contre le Portugal, champion en titre, n’a pas besoin de lendemain. Du moins jusqu’à vendredi, quand il s’agira d’affronter la Squadra Azzura. L’Italie avoue qu’elle aurait préféré jouer Ronaldo que se coltiner Romelu, meilleurs buteur et joueur du Calcio. Elle trouve aussi son attaque bien légère pour une défense qui a maîtrisé les as portugais. Ailleurs aussi on admire l’union qui fait notre force et, compliment ultime venant de journalistes français, une efficacité inspirée des Bleus 2018.

À Courtois, CR7 a glissé “Chanceux, le ballon ne voulait pas entrer ce soir”. La presse portugaise a reconnu avoir eu tant de chance en 2016 qu’il serait indécent de se plaindre avant 100 ans. Alors leur entraîneur a conclu: “C’est injuste, mais c’est le football”. La Belgique est qualifiée, mais elle a été mauvaise. Philippe Albert l’a admis sans ciller. On voudrait que cette maturité inspire les autres commentateurs belges. Sur la RTBF, les ronds de jambe d’un Club de l’Euro par ailleurs excellent embarrassent parfois. On s’y refuse à exprimer certaines exigences ou espoirs comme s’il fallait singer l’humilité nationale, comme si la victoire tenait à des superstitions. Les Diables sont numéros 1 mondiaux depuis octobre 2018. Le dernier règne comparable est celui de l’Espagne championne du monde et deux fois d’Europe. En 33 mois, les joueurs ont grandi sous ce statut. Ce serait bien qu’on commence à s’y faire.

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