Ce que pensent les Portugais du match de ce soir contre la Belgique

La presse et la sélection portugaises se montrent assez confiantes sur leurs chances de l’emporter, tout en pointant les forces et les faiblesses des Belges.

Cristiano Ronaldo lors du match Portugal-France le 23 juin 2021 @BelgaImage

Ce dimanche soir, une équipe rejoindra l’Italie en quart de finale: les Diables rouges ou la Seleção. Le match aura lieu à 21 heures sous l’égide de l’arbitre allemand Felix Brych, déjà aux commandes de Belgique-Finlande. Précision importante: la rencontre aura lieu dans une ville très proche de la frontière portugaise, Séville. Une proximité géographique que n’oublie évidemment pas la presse ibérique qui y voit un bon signe pour Cristiano Ronaldo et ses coéquipiers. Mais les Portugais estiment avoir bien d’autres cartes en main pour renvoyer les Belges définitivement chez eux.

Un Portugal fier de son passé

Globalement, les journaux portugais sont loin d’être pessimistes. Cela se voit notamment aujourd’hui avec le titre choc du quotidien sportif A Bola: « Les Belges au dîner », agrémenté d’une image avec des galettes censées représenter la Belgique, comme s’ils allaient n’en faire qu’une bouchée. A Bola se projette même déjà en quart de finale en sous-titrant: « Les Italiens sur la route du Portugal ».

Les Portugais estiment globalement avoir beaucoup de raisons d’espérer une victoire contre les Diables, avec en premier lieu les statistiques des rencontres précédentes. Il n’y a pas eu d’affrontement entre les deux pays lors d’une Coupe du monde ou lors de l’Euro mais les cinq derniers matchs de la Seleção contre les Diables rouges semblent favorables aux premiers. Ils totalisent trois victoires et deux matchs nuls.

C’est en ce sens que le journal Público titre fièrement sur un Portugal qui «tentera à nouveau de faire perdre la Belgique». Le quotidien est d’autant plus confiant que l’équipe de Cristiano Ronaldo a survécu au «groupe de la mort» en phase de poules, avec «un niveau d’exigence bien supérieur aux Belges». Et puis n’oublions pas: le Portugal est le détenteur de deux titres de premier rang: champions d’Europe en 2016 et vainqueurs de la Ligue des Nations de l’UEFA en 2018. A priori, Público ne voit d’ailleurs qu’un seul défaut à la Seleção : porter sur ses épaules le poids de ce glorieux passé tout en n’étant pas automatiquement le favori de ce match.

Appuyer sur les faiblesses des Belges

À l’inverse, pour le journal portugais, les Diables jouent maintenant «contre la montre». «Avec une défense vieillissante (Alderweireld, Vermaelen et Vertonghen totalisent 101 ans ensemble), et la quasi-totalité de leurs figures dans la trentaine, les Diables rouges ont dans cet Euro 2020 et lors de la Coupe du monde de l’année prochaine au Qatar, les dernières opportunités pour cette génération», écrit-il.

Pour se rassurer, Público regarde en arrière et constate que les Diables rouges sont certes forts mais chutent lorsque la pression devient trop forte. Il en veut pour preuve la défaite de la Belgique face à l’Argentine lors de la Coupe du monde au Brésil, contre le Pays de Galles à l’Euro 2016 et contre la France en 2018 malgré l’émergence d’une «génération dorée belge». «Le stigmate de l’échec dans les matchs ‘douloureux’ sera certainement l’un des facteurs que Fernando Santos [le sélectionneur de la Seleção] cherchera à explorer à Séville».

Léger avantage pour le Portugal?

Le quotidien Diário de Noticias abonde dans le même sens en titrant sur des «Diables rouges en quête de gloire». Mais le journal le plus vieux du pays s’inquiète plus des bons côtés du palmarès de la Belgique, avec «une série de 12 matchs sans défaite» depuis octobre dernier. Les victoires des Diables en phase de poules impressionnent aussi, avec notamment un nombre important de buts, huit au total.

Interrogé par l’hebdomadaire Leiria Económica, le correspondant sportif à Paris d’«Eleven sports Portugal» Gary de Jesus est quant à lui plus ou moins optimiste sur les chances de la Seleção de l’emporter. «La Belgique est très offensive, mais laisse place à une défense vieillissante. Le Portugal est très fort et ils avancent très vite», fait-il valoir. Pour lui, si les Belges redoutent Cristiano Ronaldo, c’est Kevin De Bruyne qui représente le plus grand danger dans l’autre sens, d’où l’utilité d’avoir côté portugais des milieux défensifs forts. «Si je devais choisir un vainqueur, je dirais 60-40 pour le Portugal, car avec une demi-opportunité, Cristiano Ronaldo peut marquer», prévoit-il. Quoi qu’il arrive, selon lui, le gagnant du tournoi est l’un des deux belligérants de ce soir.

«Minimiser les points forts» de la Belgique

Outre la presse, la Seleção s’est elle aussi essayée à une analyse du match à venir lors d’une conférence de presse. Le sélectionneur Fernando Santos estime pour sa part que le plus important, ce sera «de ne pas laisser de place aux Belges» afin de ne pas les «laisser réfléchir sans notre interférence». Comme en écho à Gary de Jesus, il prône lui aussi une meilleure défense afin de garder la balle. «On a aussi une bonne qualité de jeu avec le ballon. La Belgique a marqué huit buts mais on en a sept dans un groupe très puissant», fait-il prévaloir.

Évidemment, il ne minimise pas non plus les atouts des Diables rouges. «Ils jouent ensemble depuis longtemps. Ils sont très constants défensivement et avec beaucoup de créativité. Il faut faire attention à l’ensemble», dit-il. «Nous sommes dans cette finale pour gagner contre un adversaire très compétent et ils veulent vraiment l’emporter, mais je pense que nous serons plus compétents».

Le ton est plus ou moins similaire du côté du milieu de terrain João Moutinho. «La Belgique est une équipe très soudée. Elle a montré lors de la phase de groupes qu’elle marque et encaisse peu de buts. On va essayer d’imposer notre jeu, de contrer les Belges et de minimiser leurs points forts». À l’instar de Gary de Jesus, il estime également que Kevin De Bruyne représente un vrai danger pour la Seleção. Mais «il n’y a pas seulement Kevin», prévient-il. «S’ils ont de la place, ils joueront leur jeu et nous devons les connaître tous». Pour finir, il ne se dit pas inquiet du fait que la Belgique ait eu deux jours de plus pour se préparer au match de ce soir. «Nous avons montré que nous avons bien récupéré et nous allons mettre toutes nos capacités en jeu pour remporter la victoire», assure-t-il.

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