Quand l’Euro 2020 fait de la politique en 2021, l’Extrême droite est battue

Sale temps ce week-end décidément pour les ultras conservateurs en France, Belgique, Hongrie...

France-Hongrie @BelgaImage

Contre la Hongrie, la France a redécouvert samedi le plaisir des tribunes pleines: cris de singe et chants homophobes. Rien d’étonnant quand on connaît l’intolérance primaire mais persistante du président Viktor Orban. C’est si prévisible que l’Allemagne entend recevoir leur futur adversaire dans un stade munichois aux couleurs de l’arc-en-ciel LGBT+. De quoi piéger la télé nationale hongroise sommée, comme le reste du pays, de respecter la notion de genre (désormais gravée dans la Constitution) et ne pas faire de propagande antifamiliale («montrer, c’est contaminer» dirait Orban).

Magnifique idée, du moins si l’UEFA l’autorise car l’organisation ne rigole pas avec ses clients, tous ses clients. Par exemple, on ne chagrine pas Coca-Cola ou Heineken et on oblige à reprendre sans délai le spectacle, même si un jouer danois est entre la vie et la mort. Comme les joueurs de Dortmund dont le car avait subi une attaque (une triple explosion et un joueur blessé) avaient dû en 2017 assurer leur match de Champions League dès le lendemain de l’attentat. Dire que cet ogre réfugié en Suisse passe pour un enfant de chœur depuis l’épisode de la Super Ligue.

Sacha Daout, journaliste RTBF, a comparé la bonne santé de nos Diables Rouges et des chiffres de notre vaccination. On pourrait aussi mettre en parallèle le marasme des Bleus et le taux d’abstention lors des régionales. Plus de 2/3 des électeurs qui ne vont pas dans les isoloirs dimanche, c’est une contreperformance démocratique digne du piètre match nul samedi de l’équipe de France. Et comme avec Didier Deschamps, rien ne change. Droite et gauche gardent leur position. La bonne nouvelle, c’est que l’extrême-droite n’est pas du tout passée. Contre tout attente, le Rassemblement national ne va probablement rien gagner (il reste le 2e tour). Et les bouffeurs de mangeurs de frite, comme on le dirait sur L’Equipe TV?

Comme l’a exprimé en premier le virologue Marc Van Ranst qu’il avait menacé de mort, on ne peut pas se réjouir de la disparition d’un homme et d’un père de famille. On a retrouvé le corps de Jürgen Conings, supporter tatoué d’Anderlecht et sympathisant d’extrême droite. Et la menace terroriste a immédiatement été redescendue à un niveau normal. Mais on se souviendra utilement que 13 militaires radicalisés restent déchus de leur accès à des armes. On s’interroge aussi sur l’argent des comptes vidés de Conings. Ou qu’il se soit suicidé à quelques centaines de mètres des zones de recherche, de sa voiture et d’une partie de son arsenal retrouvé. Comme si la police et l’armée belges étaient aussi efficaces que Kevin De Bruyne. Complotiste de tous bords, ne confondez pas enquête et roman de plage. Il y a des questions qui doivent attendre leur réponse et pas moyen de sauter à la dernière page.

 

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