La France rouvre ses discothèques en juillet. Et chez nous ?

Le milieu de la nuit belge en a marre d’attendre. Surtout qu’il a proposé un protocole aux autorités il y a deux semaines.

Une soirée test dans une boite de nuit en Espagne. (Zumapress)

Depuis le début de la pandémie, elles font parties des rares secteurs professionnels qui n’ont pas pu reprendre, ne serait-ce que partiellement: les discothèques. On les a juste autorisées à se transformer en bars l’été dernier… Leurs gérants et autres acteurs du monde de la nuit ont souvent clamé leur détresse et cette sensation d’être ignorés qu’ils partagent tous. 

En France, les boites de nuit voient enfin le bout du tunnel. Elles pourront réaccueillir les fêtards dès le 9 juillet.

Evidemment, cette reprise du secteur vient avec son lot de contraintes sanitaires. Pour sortir en discothèque, les Français devront soit être entièrement vaccinés, avec les deux doses donc, ou avoir êté testés négatif. Il faudra donc bien planifier sa soirée. Pas question de se dire « on irait bien en boite » après quelques verres en terrasse… Sauf si vous êtes entièrement immunisés bien sûr.

Les discothèques en plein air peuvent accueillir du public à pleine capacité, les boites plus traditionnelles, en intérieur, doivent se limiter aux trois quarts de leur jauge. Par contre, les Français pourront garder leurs masques en poche. De quoi faire la fête plus ou moins comme avant et ne plus penser, l’espace de quelques heures, à cette fichue pandémie.

Des annonces qui ont plu à une bonne partie du secteur, même si l’idée d’un contrôle du pass sanitaire à l’entrée des boites inquiète certains. L’Association française des exploitants de discothèques et dancings (AFEDD) a notamment expliqué au Figaro que cela pourrait créer des tensions, notamment si un groupe d’amis se rend spontanément en discothèque et se retrouve divisé entre ceux qui peuvent rentrer et ceux qui se feront refouler.

Et chez nous ?

Chez nous, c’est toujours silence radio de la part du Comité de concertation. Les événements à l’intérieur peuvent réunir jusqu’à 2.000 personnes ou 80% de la jauge, mais avec un public assis et masqué… Une règle inadaptée aux discothèques.

Dernièrement, plus d’une cinquantaine d’acteurs du secteur de tout le pays ont proposé un protocole qui leur permettrait de se remettre au travail en sécurité. Avec comme priorité : « respecter l’ADN du monde de la nuit ». Comprendre : pas de jauge limitée, pas de masques.

Ce protocole s’axe autour de trois mesures phares. D’abord, un contrôle d’un pass sanitaire ou autre certificat à l’entrée, prouvant la vaccination ou un testing négatif. Cela semble logique.

Ensuite, et cela sera probablement plus difficile à mettre en place : des centres de testing rapide à proximité des lieux de fête, gérés par les communes, régions ou communautés. Pour le milieu de la nuit, il serait trop compliqué et couteux de mettre ça en place à l’entrée de leurs établissements, notamment parce que les tests doivent être réalisés par du personnel qualifié ou que cela provoquerait d’inévitables files. 

Enfin, troisième grande mesure : améliorer l’aération dans les discothèques et boites. Mais ventiler ces lieux, souvent sans fenêtre, représente aussi de gros investissements, impayables par les propriétaires des lieux, surtout après être restés fermés si longtemps. Les représentants du secteur espèrent donc aussi un coup de pouce financier de l’Etat à ce niveau.

Ce protocole va plus loin et rentre dans les détails, mais ce sont les trois grandes mesures proposées par ce collectif, qui suggérait début juin une réouverture au 1er octobre. Plus de deux semaines plus tard, ils n’ont toujours pas reçu de réponse, tandis que nos voisins hollandais et français ont enfin des perspectives.

« On a vraiment l’impression d’être des fusibles, qu’on fait sauter quand on veut. On a été très calmes jusqu’à présent mais avec cette annonce de la réouverture des clubs en France et aux Pays-Bas, je pense que ça va commencer à péter. J’ai reçu quelques messages de professionnels qui sont assez énervés et on n’est pas à l’abri que certains décident d’ouvrir pendant l’été, quoi qu’il en coute », a réagi Lorenzo Serra, porte-parole de la Brussels By Night Federation, dans L’Avenir. « La conséquence de tout ça c’est que les gens qui veulent s’amuser, ils vont prendre leur voiture et passer la frontière, Liège est juste à côté des Pays-Bas et Bruxelles n’est pas bien loin de Lille. Et ça risque de créer des accidents parce que des gens vont reprendre le volant après avoir bu ».
 

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