Euro 2020 : le casse-tête des huitièmes de finale

Avant d’affronter la Finlande lors de la troisième et dernière journée de la phase de groupes, c’est (déjà) le temps des calculs pour savoir qui sera notre prochain adversaire.

Jason Denayer et Jan Vertonghen. - BELGA

La Belgique a assuré son billet pour les huitièmes, avant même d’affronter la Finlande ce lundi soir. Après leurs victoires contre la Russie et le Danemark, les Diables rouges pointent à la tête du groupe B avec six points. Soit trois d’avance sur son futur adversaire. Mais ont-ils vraiment intérêt à terminer premiers ?

Si les hommes de Roberto Martinez remportent cette troisième rencontre de leur Euro 2020, ils affronteront l’un des quatre meilleurs troisièmes, issu du groupe A – déjà connu, la Suisse -, D, E ou F. Impossible à l’heure actuelle de prédire le nom de cette équipe, mais l’hypothèse d’un choc contre le troisième du groupe de la mort, composé de la France, du Portugal, de l’Allemagne et de la Hongrie, est redoutée.

La suite n’est guère plus réjouissante. En quarts, l’adversaire de la Belgique sera le vainqueur du duel entre l’Italie et le 2e du groupe C (Ukraine ou Autriche). Épatante depuis le début de la compétition, la Squadra Azzura a confirmé son statut de favorite. Avec 30 matches sans défaite, les hommes de Mancini ont égalé un record d’invincibilité vieux de plus de 80 ans. Impressionnant.

Dans cette partie du tableau se trouve également le premier du groupe de la mort, qui pourrait donc être notre adversaire en demi-finale.

L’autre côté du tableau, plus ouvert

En revanche, en cas de deuxième place dans le groupe B, les Diables rouges seraient opposés au Pays de Galles, qui avaient tout de même mis fin à notre rêve en 2016. Ensuite, leur quart de finale se déroulerait face au vainqueur du match entre Pays-Bas et un troisième de groupe à déterminer. Dans cette partie du tableau, ce sont les premiers des groupes D et E, où figurent notamment l’Angleterre et l’Espagne, ainsi que le deuxième du groupe F, qui pourraient se retrouver en face des Diables en demi-finale.

Pour que cette projection devienne réalité, il faudrait une défaite de la Belgique ce lundi soir, mais pas seulement. Les Russes devraient également vaincre les Danois, et les Diables être battus avec minimum trois buts d’écart par les Finlandais pour leur abandonner leur première place. Ce qui s’apparenterait à une humiliation.

Comme en 2018

Souvenez-vous. Pendant le Mondial russe, la Belgique était face à un cas de figure similaire, avant son match contre l’Angleterre : soit elle choisissait la moitié prétendument plus facile du tableau (Colombie, Suède, Croatie), soit elle optait pour la voie du sport, en affrontant le Brésil et la France. Roberto Martinez et ses joueurs n’ont pas reculé devant le défi de taille. Trois ans plus tard, l’objectif et la mentalité n’ont pas changé. « Nous n’allons pas calculer car nous voulons remporter chaque match. L’équipe en a besoin. Qu’importe l’adversaire, nous voulons être le plus fort possible. Nous ne voulons pas choisir une voie ou l’autre », a déclaré le sélectionneur belge vendredi.

Roberto Martinez

La règle du meilleur troisième, comment ça marche ?

La détermination de l’équipe nationale ne répond toutefois pas à la question qui brûle les lèvres de ses supporters depuis plusieurs jours : qui les Diables rouges affronteront-ils en huitièmes de finale de l’Euro 2020 ? Car, en réalité, la réponse est plus complexe qu’elle n’y paraît.

Alors que les deux premiers de chaque groupe sont automatiquement qualifiés pour la suite de la compétition, seuls les quatre meilleurs troisièmes les rejoindront. Sauf qu’en fonction du groupe d’origine desdits meilleurs troisièmes, ces derniers ne seront pas placés au même endroit du tableau final, selon une règle de répartition diaboliquement complexe, imaginée afin d’éviter d’éventuelles répétitions de matches de poules avant les demi-finales. Au total, il existe quinze combinaisons possibles pour les huitièmes. De quoi s’y perdre rapidement.

Pour départager ces meilleurs troisièmes, le principal critère est le même qu’au sein des groupes, à savoir le nombre de points obtenus. En cas d’égalité – une situation très probable cette année -, il faudra sortir les calculettes. Les équipes seront ensuite départagées, dans l’ordre, par leur différence de buts (soit le nombre de buts marqués lors de la phase de poule moins le nombre de buts encaissés), par le grand nombre de buts marqués, le fair-play (soit le nombre de cartons jaunes et rouges) et, en dernier ressort, par la position au classement FIFA. En l’état, seules la Turquie et la Macédoine du Nord sont déjà éliminées. Ce qui laisse un espoir pour toutes les autres sélections.

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