Tomorrowland (pour l’instant) interdit, le festival de Ronquières dans l’attente

Quatre événements de grande ampleur avaient initialement été autorisés par les autorités fédérales après le 13 août, dont Tomorrowland, le Pukkelpop, et le festival de Ronquières.

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Jeudi soir, les bourgmestres de Boom et de Rumst (province d’Anvers) ont confirmé refuser la demande d’autorisation de Tomorrowland pour son édition 2021, décalée fin août et début septembre. Du côté des organisateurs du festival, on évoque un « coup de massue, très dur et inattendu ». « En tant que bourgmestres, nous avons une responsabilité pénale, mais aussi morale », a justifié Jeroen Baert, bourgmestre (N-VA) de Boom, aux côtés de son homologue de Rumst, Jurgen Callaerts, nationaliste flamand lui aussi. « Je trouverais très difficile, à titre personnel, si une épidémie locale éclatait à la suite de Tomorrowland en faisant des victimes. Nos principales préoccupations sont la situation épidémiologique et les risques pour la population locale ».

Selon les deux maïeurs, ce refus s’explique par le fait que le décret ministériel censé entériner l’organisation des événements réunissant jusqu’à 75.000 personnes (à partir du 13 août), n’est pas encore paru au moniteur. Le travail supplémentaire qu’impliquerait la vérification des certificats corona serait tel que la police ne pourrait pas l’assumer, ont défendu les bourgmestres. Rappelons que le « corona pass » à la belge (le Covid Safe Ticket) avait pourtant été présenté par le fédéral comme un moyen de garantir l’élargissement des jauges pour les grands événements de l’été).

« Si Pukkelpop est possible, alors…. »

Ministre fédérale de l’Intérieur, Annelies Verlinden a trouvé l’argumentation des bourgmestres N-VA « étrange ». « Cela ne peut pas être une raison pour rendre une décision négative. Le cadre [législatif ndlr] est en place depuis le comité de concertation du 11 mai. Il ne reste plus qu’à l’inclure dans le moniteur belge. Après le Codeco de ce jour, c’est ce qui sera fait », a-t-elle annoncé au micro de Radio 1.

Pour la ministre, les entreprises de sécurité privées pourraient opérer les vérifications du ticket Covid safe à la place de la police. Le ministre flamand de l’Intérieur, Bart Somers (Open VLD) tient quant à lui à ce que les bourgmestres changent d’avis : « Ce secteur a beaucoup souffert de la crise du coronavirus et nous l’avons soutenu avec des ressources financières, mais à partir du 13 août, il devrait être à nouveau possible d’organiser de plus grands festivals » a-t-il déclaré auprès de HLN. « Les bourgmestres restent responsables en dernier ressort, et je veux respecter cela, a-t-il reconnu. Je veux voir avec eux quels sont les problèmes et comment nous pouvons les résoudre ensemble. Je pense que nous devrions au moins faire un effort très sérieux ensemble. Je crois que s’il y a de la bonne volonté, il y a des solutions ». « Si Pukkelpop est possible, alors je suis convaincu que nous pouvons aussi organiser Tomorrowland », a-t-il insisté.

Les préventes pour Pukkelpop décollent

Autre mastodonte de l’été, Pukkelpop (19-22 août) se prépare donc pour une édition complète. 66.000 festivaliers sont en effet annoncés. Malgré des problèmes signalés pour le paiement en ligne, 70% des tickets combi (pour les trois jours) ont déjà trouvé preneurs.

« L’intérêt qu’a suscité le début de la vente des tickets était gigantesque, du jamais vu », ont réagi les organisateurs du Pukkelpop. « Le système de paiement a été victime de défaillances techniques en raison de l’activité sans précédent du système, mais cela a été rapidement réglé ».

Le sort de Ronquières tranché mardi

Alors que le line-up vient justement de tomber, le festival de Ronquières reste encore dans l’attente. Organisateurs et bourgmestres (de Braine-le Comte, commune qui devrait accueillir l’événement du 14 au 15 août) devraient se prononcer mardi sur le sort réservé au festival.

« Nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités fédérales et locales. Nous n’avons certainement pas envie de créer le moindre problème d’un point de vue sanitaire et nous comprenons la position extrêmement difficile des bourgmestres puisqu’aucun texte n’est disponible à l’heure actuelle pour examiner les règles précises du covid safe ticket et les conditions à la tenue d’événements d’ampleur », a confié Gina Innocente, organisateur du festival, au journal Le Soir.

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