Le taux de personnes allergiques au pollen augmente drastiquement

Les concentrations de pollen dans l’air sont trois fois plus importantes qu’en temps normal. En cause: un retard dans la saison des graminées et… le réchauffement climatique.

Pollen @BelgaImage

Le nez coule, il chatouille, et les yeux deviennent rouges. Depuis le début du mois de juin, les personnes aller­giques l’ont bien compris: nous sommes en pleine saison du pollen. Les chiffres du Réseau de surveillance aérobiologique belge (AirAllergy.be) sont même particulièrement hauts. La semaine dernière, la concentration de graminées dans l’air a atteint un ratio de 256 grains/m3, soit trois fois plus que la moyenne saisonnière calculée sur les dix dernières années. À titre de ­comparaison, le seuil critique est fixé à 50 grains/m3. Le pic est donc impressionnant et plusieurs journées de juin ont été classées “à risque élevé” pour le rhume des foins. Dimanche, le taux était déjà redescendu à 93 grains/m3, ce qui reste néanmoins élevé.

Comment expliquer ces chiffres exubérants? L’adage “Il n’y a plus de saisons” n’a jamais été aussi juste. En raison d’un mois de mai assez froid et d’un mois de juin aux températures confortables et à l’air sec, la saison des pollens de graminées a été retardée de plusieurs semaines. Ainsi, certaines espèces de graminées censées fleurir vers le mois de mai déploient seulement leurs pétales ­maintenant. Or les espèces les plus allergisantes sont le bouleau, le cyprès, le thuya et, surtout, les graminées. La situation est plus préoccupante qu’on peut le penser a priori.

Si le pollen est évidemment essentiel pour les végétaux, car il s’agit de l’élément fécondant mâle, il cause de plus en plus de tort aux humains. On estime le nombre de personnes allergiques à 20 % chez les enfants de plus de 9 ans et 30 % chez les adultes. D’ici 2025, les études estiment que ce taux pourrait augmenter jusqu’à 50 % de la population européenne. C’est d’autant plus interpellant que les ­pneumo-allergologues observent une hausse de la décharge pollinique en raison, notamment, de la pollution et du réchauffement climatique. Ces dernières années, les particules auraient tendance à pénétrer plus loin dans les bronches et à causer des cas plus sévères d’asthme, de conjonctivite ou de rhinite. De plus, le scénario 2021 a tendance à se répéter puisqu’en 2015 déjà, le taux de grains de pollen avait atteint les 282 grains/m3, soit plus encore qu’aujourd’hui.

En cas de crise allergique, les solutions sont limitées. Partir vers le nord aurait du sens puisque l’air de la côte belge est ­souvent moins chargé en pollen, du moins lorsque le vent souffle du large. Par contre, un vent venant des terres est aussi chargé que celui de Bruxelles ou de Liège. À court terme, seules les averses ou l’humidité peuvent abaisser ce genre de pics. Mais si l’allergie aux graminées peut apparaître sans crier gare en provoquant une inflammation inattendue et sans précédent, dans certains cas (moins de 10 %), l’allergie peut également disparaître spontanément.

 

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