Diables rouges : comment un si petit pays possède-t-il une équipe de foot si forte ?

Retour sur les raisons qui ont créé cette génération dorée de Diables Rouges, qui fait aujourd'hui partie des favoris pour cet Euro 2020.

Lukaku célébrant un de ses deux goals contre la Russie. (Reuters)

Et si nous avions la meilleure équipe de football du monde ?

C’est quelque chose qu’on entend souvent, la plupart du temps dans la bouche des supporters les plus acharnés ou au coin d’un bar. Mais, en général, on préfère ne pas le dire, par humilité ou de peur d’être déçu. 

Pourtant, c’est peut-être bien le cas ! Après tout, cela fait tout de même deux ans et demi que les Diables Rouges sont en tête du classement de la FIFA. Certes, sa méthode de calcul est débattue, et débattable, mais tout de même !

Une position qui fait que nos Belges sont encore cette année très scrutés par la presse internationale, même s’ils ne sont plus à leur zénith. Ils n’en sont pas si éloignés pour autant. 
Dernièrement, ce sont les Américains de CNN qui ont analysés nos Diables et plus particulièrement comment nous sommes passés, en une quinzaine d’années d’un très mauvais Euro 2000 à faire partie de l’élite du football mondial.

Reparti de zéro

Parce que si cela fait quelques années que De Bruyne, Hazard et les autres font espérer la Belgique de les voir soulever un trophée, il ne faut pas oublier qu’on revient de très loin. Alors que nous accueillions le Championnat d’Europe 2000, nous n’avons pas réussi à sortir de la phase de groupes, terminant la compétition sur une défaite, 2-0 face à la Turquie.

Une gifle pour la Fédération belge qui a ensuite décidé de reprendre les choses en main et de revoir son fonctionnement. Elle a demandé l’aide de plusieurs universités pour réaliser une grande étude sur le football en Belgique, particulièrement chez les plus jeunes. Plus d’un millier de matchs ont été analysés, des dizaines de coachs de tous niveaux interrogés…

Finalement, un nouveau plan global a été établi, bousculant les habitudes, mais tous les clubs du pays l’ont suivi. « Avec seulement deux douzaines d’équipes pro dans le pays, c’était plus simple d’arriver à ce que tout le monde accorde ses violons, et en tant que pays sans histoire de grands accomplissements, il y avait peut-être plus de liberté d’essayer et moins de pression d’un retour immédiat sur investissement », analyse CNN.

Mais c’est à cette époque que les grands noms d’aujourd’hui comme Eden Hazard et Romelu Lukaku n’étaient encore qu’en primaire et ont pu profiter de ces nouvelles façons de jouer au foot et de former les jeunes.

Des copains d’abord

C’est une des autres forces de cette fameuse génération dorée des Diables Rouges, ils se connaissent tous depuis des années. A l’époque où Lukaku a participé à son premier match international, à 17 ans, il jouait déjà avec ou contre ses coéquipiers d’aujourd’hui. Ce qui explique que notre équipe nationale a désormais des airs de bande de copains. 

« On s’asseyait tous ensemble autour d’une table et discutait de qui était dans la meilleure équipe de jeunes, qui marquait le plus, à quels tournois nos participions… », a raconté Romelu à CNN. « Nous nous connaissons vraiment très bien. Quand on joue en groupe, c’est plus facile quand tu connais tout le monde depuis autant d’années. »

Un groupe d’amis, oui, mais aussi une formation très diversifiée. Nos joueurs parlent des langues différentes, viennent de milieux, origines, cultures et religions différentes, « la preuve vivante des bienfaits de la diversité et de l’intégration » pour CNN. « Certains joueurs ont des origines congolaises, espagnoles ou marocaines. Cela prouve que cela n’a pas d’importance. Tant que tout le monde travaille ensemble, tout se passe bien », dit Lukaku. Pour Roberto Martinez, lui-même espagnol, c’est même « notre meilleure arme », qui « permet de toujours obtenir des points de vue et des solutions différentes. »

(Belga)

(Belga)

Rayonnement à l’étranger

Enfin, si notre équipe se distingue particulièrement, c’est aussi parce que nous n’avions plus eu depuis très longtemps autant d’excellents joueurs qui ont su séduire des grands clubs étrangers. Aujourd’hui, rares sont les Diables Rouges qui jouent en Belgique. Courtois, De Bruyne, Hazard, Lukaku : on ne compte les trophées récoltés par nos petits Belges dans les grands championnats européens. Et si d’autres n’ont peut-être pas le même palmarès, ils n’en restent pas moins des joueurs essentiels de leurs formations.

Et parmi les plus jeunes de notre sélection, certains nous permettent de croire que cette génération dorée ne prendra peut-être pas fin tout de suite, à l’image de Youri Tielemans qui a épaté la saison dernière avec Leicester en Premier League, et qui, à 24 ans, peut déjà se vanter d’avoir déjà été titulaire une quarantaine de fois avec nos Diables…

De quoi rendre notre coach optimiste, surtout lorsqu’il voit les stars de notre équipe soutenir les plus jeunes recrues. « L’envie de préparer les joueurs du futur est présente. Ils sont soucieux d’éduquer les plus jeunes. Ils influencent le football belge aujourd’hui comme jamais auparavant », a expliqué Roberto Martinez. « J’ai toujours cru que si nous partageons une passion, il est très facile de se consacrer à cet objectif et de tout donner, et pas que pendant les deux heures d’entrainement. »

Les plus jeunes Diables donnent aussi de l’espoir à Thibault Courtois. « Si nous n’y arrivons pas cette fois, je suis sur que dans les prochaines année, une nouvelle génération finira par arriver parce qu’en Belgique, on travaille dur pour former de nouveaux talents. »

Mais pour Lukaku, ce Championnat d’Europe peut être le bon. « Tout dépendra du moment-même », a-t-il déclaré. « Qui en aura le plus envie ? Mais si on se prépare bien, si on est performants, rien ne pourra nous arrêter ! »

Et si nous avions la meilleure équipe de football du monde ?
 

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