Euro: après le casse-croûte russe, gare à la dynamite danoise

Si l’équipe du Danemark a eu un coup dur hier, contrairement à la Belgique, il ne faudrait pas que les Diables rouges sous-estiment cet adversaire.

Les Diables rouges juste après leur victoire face à la Russie à l'Euro, le 12 juin 2021 à Saint-Pétersbourg @BelgaImage

Ce samedi soir, la Belgique n’a fait qu’une bouchée de la Russie. Avec un 3-0, les Diables rouges ont réussi leur entrée dans l’Euro et le son des klaxons a résonné à travers tout le pays. Au même moment, leurs principaux concurrents dans leur groupe, les Danois, ont connu un véritable cauchemar. Le malaise cardiaque de Christian Eriksen, qui s’est littéralement effondré sur le terrain, a profondément déstabilisé une équipe pourtant bien partie avec de nombreuses offensives. Si ses coéquipiers ont été rassurés de le savoir dans un état stable, le match s’est terminé pour eux par une défaite contre la Finlande (0-1).

Au bout de cette première journée, la Belgique s’est donc hissée en tête du groupe B et semble bien partie pour y rester. Pour autant, une mauvaise surprise face au Danemark, prochain adversaire des Diables rouges, n’est pas exclue.

Un beau top départ mais encore imparfait

A priori pourtant, on pourrait se dire qu’un 3-0 contre la Russie, c’est une «belle entrée en matière», comme l’a d’ailleurs affirmé Thomas Meunier après le match d’hier où il a été l’auteur d’un goal. C’est vrai, et on pourrait ajouter que l’attaque belge a tenu ses promesses, surtout avec un Lukaku très en forme. Le joueur de l’Inter Milan s’est offert deux buts et a été incontestablement l’homme du match.

Pour autant, la confrontation face à la Russie ne représentait pas un grand danger. L’équipe belge connaissait bien cet adversaire et les Diables rouges n’ont pas eu de véritables surprises hier soir. Les Russes sont restés très fidèles à leurs bonnes vieilles habitudes et se sont montrés globalement assez faible. Cela a facilité la tâche des Diables rouges mais par effet miroir, cela ne dit pas grand-chose de leurs capacités à affronter des plus gros poissons.

Et côté belge, s’il y a eu de très belles performances, comme celle de Dedryck Boyata, il y a eu aussi quelques petites déceptions. C’est le cas notamment du milieu de terrain Youri Tielemans, qui a certes pas mal touché la balle mais sans se distinguer véritablement. Dries Mertens a également mené un match un peu plus difficile et a été remplacé par le capitaine Eden Hazard à la 72e minute. Enfin, il faudra maintenant se passer des services du défenseur Timothy Castagne, blessé à la 27e minute avec une double fracture à la pommette. Il a malheureusement dû se retirer de la compétition.

Une défaite danoise visiblement liée au malaise d’Eriksen

Mais ne soyons pas trop dur: la Belgique a quand même su briller ce samedi, ce qui n’a pas été le cas du Danemark. La défaite est amère pour ceux qui sont quand même 10e mondiaux dans le classement FIFA, alors qu’ils avaient face à eux les 54e du même palmarès. L’affaire avait pourtant plutôt bien commencé. Pendant la première mi-temps, les Danois ont su se montrer menaçants à plusieurs reprises, même si cela ne s’est pas concrétisé par un goal. Et à la 43e minute, juste avant la pause, c’est l’effroi. Christian Eriksen, l’une des grandes stars des «Dynamites danoises», s’écroule, le match est interrompu pendant presque deux heures et ce n’est qu’en sachant qu’il allait mieux que le reste de son équipe a accepté de reprendre le match.

Mais de toute évidence, le cœur n’y était plus. Après avoir vu leur coéquipier entre la vie et la mort sur le terrain, les Danois se sont montrés affaiblis. À la 60e minute, ils laissent passer l’attaquant finlandais Joel Pohjanpalo qui marque alors le seul but de la rencontre. À la 74e minute, le Danemark a une opportunité unique d’égaliser: un pénalty. Mais encore une fois, la pression d’un match maudit accable les Danois et la frappe de Pierre-Emile Højbjerg, trop molle, est facilement contrée par le gardien finlandais Lukáš Hrádecký.

Belgique-Danemark: une rencontre plus imprévisible que prévu

Le tout maintenant est de savoir si le Danemark va pouvoir se remettre de son traumatisme de ce samedi. Ce dimanche matin, si Christian Eriksen est hors de danger et éveillé, il doit subir des examens complémentaires et son parcours au sein de l’Euro pourrait être compromis, même si cela doit encore être confirmé. Les 10e mondiaux pourraient néanmoins rebondir. Ils ont démontré leurs forces en début de match hier et s’ils retrouvent ce même rythme, les Diables rouges pourraient faire face à un adversaire bien plus redoutable que les Russes d’hier.

En tout cas, qu’Eriksen soit absent ou revienne miraculeusement sur le terrain jeudi prochain, son cas forcera les Scandinaves à reformater leur jeu. Seule l’équipe scandinave saura alors vraiment quelle sera la teneur de sa tactique et il sera plus difficile pour la Belgique de prévoir la stratégie de son adversaire. Puis le Danemark peut toujours compter sur la force d’attaque de Martin Braithwaite. Le joueur du FC Barcelone pourrait causer quelques soucis aux Diables Rouges. Le capitaine Simon Kjær, unanimement salué ce samedi pour avoir pratiqué les gestes de premiers secours sur Eriksen, sera lui aussi toujours de la partie.

La Belgique a maintenant quelques jours devant elle pour se préparer. Les Diables Rouges rentreront de Saint-Pétersbourg ce dimanche début d’après-midi puis iront au Danemark défier leurs adversaires chez eux, à Copenhague. Ce match sera crucial. S’ils l’emportent, leur première place au classement du groupe B sera quasiment acquise car il ne restera qu’à affronter la Finlande, le pays a priori le plus faible malgré sa performance d’hier. S’ils concèdent une égalité voire une défaite, il ne restera plus qu’à croiser les doigts pour que les Finlandais fassent un faux pas face à la Russie jeudi. Sinon, la première place du groupe restera très disputée.

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