La Belgique va gagner l’Euro… selon plusieurs études

J-1 avant le coup d’envoi de l’Euro 2020. Qui succédera au Portugal, dernier vainqueur de la compétition ? Qui sera la révélation du tournoi ? Chacun y va de son petit pronostic. La banque Goldman Sachs parie notamment sur une victoire des Diables. Mais en matière de foot, les prévisions sont (hélas) souvent démenties.

© belgaimage-177371316/ Les Diables rouges à l’entraînement à Tubize, le 9 juin 2021

Exit Paul le Poulpe : pour cet Euro 2020 (ou 2021, on vous laisse choisir) banques, entreprises spécialisées et même chercheurs universitaires font office de Madame Irma footballistiques. Et les augures sont plutôt bonnes pour nos Diables rouges. Selon la société américaine Gracenote, la Belgique est en effet la mieux classée pour remporter le trophée.

À partir d’un classement maison établi en fonction des résultats de matches, de l’importance de la rencontre et de la valeur de l’adversaire, Gracenote a calculé que les Red Devils avaient 14% de chance de gagner l’Euro, juste devant l’Angleterre puis la France (12%), l’Espagne, l’Italie (9%) et le tenant du titre portugais (8%). Selon l’entreprise, la finale la plus probable serait l’affiche Angleterre-Belgique, devant Angleterre-Italie et Belgique-Danemark. Cette troisième possibilité, moins plausible sur le papier, signifierait que les deux pays se retrouveraient de nouveau après un premier affrontement en poules (prévu le jeudi 17 juin).

Les stats en faveur des Diables

Gracenote n’est pas la seule à mettre une pièce sur la victoire des Diables rouges. La banque d’investissement Goldman Sachs voit elle aussi la Belgique aller au bout. Utilisant un modèle statistique complexe, qui combine à la fois des données quantitatives et qualitatives, la banque américaine a simulé tous les matchs de la compétition. Conclusions ? Les Diables rouges triompheraient de la Squadra azurra italienne en finale. Selon ce modèle, la Belgique a 17,1% de de chance de l’emporter L’Espagne, deuxième nation du classement, 13.1%. La France, championne du monde en titre, est cinquième du classement, avec 10,2% de chance de ramener la coupe à la maison.

Autre pronostic, toujours aussi plaisant : la Belgique a 29% de remporter le tournoi, suivi de la France et de l’Espagne (14%) selon une simulation réalisée par des chercheurs de la KU Leuven. Suivent l’Italie, le Portugal, le Danemark et l’Angleterre. Cette simulation « tient compte, entre autres, des résultats obtenus par chaque pays lors des matchs précédents, de la force des adversaires dans ces matchs et du nombre de buts marqués et encaissés », ont expliqué les auteurs.

Faire mentir les pronostics… sur les pronostics

Malheureusement pour tous les supporters belges, ni le marc de café, les animaux exotiques ou les savants calculs faits par ordinateur ne seront d’une quelconque aide sur le terrain. En 2014, Goldman Sachs pressentait une victoire du Brésil, à domicile. Raté : la Seleçao avait été balayée 7-1 par l’Allemagne, futur vainqueur, et terminait 4e du tournoi. En 2016, lors de l’Euro, la banque avait misé sur une victoire finale de la France à domicile. Dans le temps additionnel de la finale, les Portugais avaient l’avaient emporté face aux Tricolores. Caramba…

Même chose pour Gracenote ; lors du dernier Mondial, l’entreprise avait placé le Brésil largement favori du tournoi (24% de chance de victoire) devant l’Espagne (11%). Inutile de remuer le couteau dans la plaie : c’est la France, classée cinquième (avec 6% de chance de victoire) qui a remporté la compétition.

Comme le rappelait Slate.fr, deux économistes ont montré, étude à l’appui, que la « glorieuse incertitude du sport » n’est pas galvaudée au foot. « Le favori au football a moins de chances de gagner le match que dans d’autres sports, particulièrement le basketball, le baseball et le football américain […]. Les bookmakers pensent clairement que le football est plus soumis à la chance, quel que soit le déséquilibre supposé entre les deux équipes ; et ces hommes d’affaires connaissent leur marché », notaient ces économistes.

Les chercheurs de la KU Leuven reconnaissaient d’ailleurs eux-mêmes les limites de leur simulation : « En dehors des grands tournois, les pays au top ne jouent que rarement entres eux et les résultats contre des pays classés plus bas ne forment pas toujours un bon baromètre. A cause de cela, notre modèle pourrait surestimer les chances de victoire de la Belgique. Contre des pays tels que le Bélarus, la Chypre ou encore le Kazakhstan la défense belge n’a pas réellement été mise à l’épreuve ». Reste à espérer que pour une fois, les pronostics ne seront pas démentis… 

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