Les pratiques racistes de la famille royale britannique

« Moi, raciste? Pas du tout! Mon valet de chambre et ma lavandière sont noirs… »

La Reine Elizabeth II @BelgaImage

Mais qu’est-ce qu’elle raconte, l’actrice? Quand belle-mamy s’est inquiétée de la couleur que pourraient avoir les bébés de Meghan et Harry, c’était juste pour s’informer. Elizabeth n’est pas raciste! Et même, si en cas, il faut la comprendre. Lili est née en 1926. Et à sa maison de Buckingham, papa George 6 était encore fort en mode supériorité de l’Empire colonial britannique. Où l’Africain et l’Indien étaient, comment dire, pas tout à fait blancs bien propres sur eux. Devenue reine en 1952, Lizbeth a naturellement voulu se prémunir de dangers potentiels que pourraient charrier les “coloured”.

À l’aube des années 60, révèle aujourd’hui le Guardian qui a trifouillé les Archives nationales, Buckingham a donc interdit aux “immigrés de couleur ou aux étrangers” de travailler au service de Sa Majesté autrement qu’en tant que valets, chambrières ou jardiniers. Preuve que la reine n’est pas raciste: elle a des domestiques noirs, au sous-sol. Et elle s’habille de toutes les couleurs, ah! Dans les années 70, le parlement britannique se met à voter des lois contre les discriminations raciales. Très normalement, la maison royale britannique exige une “exemption” à ces nouvelles lois, ceci via la procédure dite de “Consentement de la reine”. La ségrégation devient donc hors la loi, sauf pour la reine et sa famille. Et cette exemption est toujours en vigueur. Ce qui ne veut pas dire carrosse! C’est du théorique, tout ça.

Dans la pratique, Elizabeth… Ah si, tiens, dans la pratique aussi. La célèbre Garde royale de Sa Majesté a été fermée aux militaires “black-british” jusqu’en… 2007. Le poste de n°2 du service de presse du Palais, traditionnellement réservé à un citoyen du Commonwealth, a toujours été occupé par des Blancs. Il a aussi fallu attendre 2017 pour que Madame choisisse un premier écuyer noir. Et c’est vrai qu’en 69 ans de règne, jamais ses discours de Noël (qu’elle écrit Soi-même) n’ont évoqué ou dénoncé le racisme. Mais ça y est: à 95 ans, Buckingham assure que Her Royal Majesty a parfaitement assimilé la société multiculturelle britannique. D’ailleurs là, elle va recevoir la vice-présidente américaine, Kamala Harris. Et elle ne l’installera pas dans la buanderie.

 

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