Les trottinettes électriques sont de retour. Où étaient-elles passées ?

Pendant la crise, certains véhicules ont été rangés, d’autres sont partis dans les pays de l'Est, comme leurs opérateurs. Et puis, il y a tout ceux qui ont fini dans l’eau... Mais aujourd’hui, d’autres sociétés sont toujours là et de nouvelles arrivent.

De retour sur les trottoirs. (Maxppp)

Elles sont apparues du jour au lendemain dans les grandes villes de Belgique, occupant de nombreux trottoirs et coins de rue. Mais au début de la crise sanitaire, les fameuses trottinettes électriques à louer ont disparu. Elles étaient pourtant bien présentes à Bruxelles, Liège ou Namur, où il était difficile de faire quelques mètres sans en croiser ou trébucher dessus.

Tout d’abord, face aux interdictions de déplacements ordonnées par le confinement, certaines sociétés ont tout bonnement abandonné la Belgique. En 2019, on pouvait retrouver des trottinettes de 8 sociétés différentes dans les rues de la capitale. 5 d’entre-elles n’y sont plus présentes aujourd’hui. Certaines flottes ont même été rachetées par d’autres, comme celles de Circ reprise par Bird. A Namur, on est passé de trois opérateurs à zéro ! En cause : le vandalisme principalement.

Alors, où sont-elles passées ? Beaucoup ont été envoyées dans d’autres pays. D’ailleurs, c’est aussi ce que font certaines sociétés toujours actives en Belgique avec leurs anciens modèles. Rien ne se perd, tout se transforme. « Les premiers véhicules lancés en novembre 2018 n’ont pas été remplacés jusqu’en mars 2021. Ces véhicules-là ont donc quasiment deux ans de durée de vie », a expliqué Benjamin Barnathan, general manager pour Lime Benelux à la RTBF. « Et les autres véhicules qu’on a remplacés par du neuf ont été soit recyclés, soit déplacés sur d’autres marchés, en l’occurrence à l’est de l’Europe où il y a une sensibilité au matériel un peu moins importante que dans les marchés européens où la compétition est forte sur le type de véhicules que vous proposez ».

Ceux qui restent…

Mais évidemment, même si beaucoup d’engins sont récupérés, rénovés et réparés dans les ateliers des différents opérateurs, quelques-uns ont terminé à la poubelle, ou, on l’a vu à plusieurs endroits, dans les rivières, fleuves et canaux…

Ce que reconnait sans problème Dott, un autre acteur du secteur en Belgique en pleine expansion. « Beaucoup sont dans le canal de Bruxelles », a confirmé Clara Philippot, city Manager pour Dott dans la capitale. « C’est pour cela qu’on a fait une opération avec des plongeurs qui nous ont aidés à aller les repêcher. Il y en a beaucoup dans l’eau. Certaines sont récupérées par des particuliers pour être démontées. L’idée est d’organiser une opération de repêchage tous les deux à trois mois. » La société est passée d’entre 3 et 5% de taux de perte à 1% à Bruxelles.

Dott continue son expansion et vient même de s’implanter à Namur, où tous les autres acteurs ont fui. Pour essayer de diminuer le vandalisme, une solution a été mise en place : si vous déposez votre trottinette dans une zone de stationnement indiquée par l’application, votre course suivante vous coutera moins cher.

…et ceux qui arrivent

Un autre opérateur a suivi Dott à Namur récemment : Pony, qui s’est également installée à Bruxelles et Liège.

La société angevine a une particularité sur ses concurrents dans le domaine de la trottinette partagée : les leurs peuvent être achetées pour un peu plus d’un millier d’euros. Et ensuite, deux choix s’offrent aux nouveaux propriétaires : la garder chez eux ou la laisser en rue. Dans le deuxième cas, l’acheteur récupère 50% des bénéfices « gagnés » par son véhicule et peut dans le même temps utiliser n’importe quelle autre trottinette de la ville sans frais de déverrouillage. « L’idée est de la laisser constamment en rue, et d’utiliser les revenus qu’elle va vous générer pour voyager avec toutes les autres trottinettes, comme si chacune était un peu la vôtre », explique Paul-Adrien Cormerais, le fondateur.

Et si quelqu’un la casse ou la vole ? Votre trottinette est assurée 9 mois et Pony s’occupe en permanence du service technique. « C’est un délai qui est suffisant pour espérer récupérer sa mise de départ grâce à l’argent des autres usagers mais c’est vrai qu’après cette période, il y a un facteur chance qui intervient et vous pourriez très bien vous la faire voler ou casser… On travaille avec les assurances pour essayer d’allonger cette période de couverture », assure le fondateur de la société.

Ce système où les utilisateurs sont aussi propriétaires, c’est la façon trouvée par Pony pour diminuer le vandalisme. La société précise que l’idée « d’emprunter le véhicule d’un voisin », et non plus d’une entreprise multinationale, modifie le comportement de beaucoup de personnes. A voir si cela s’appliquera aussi à Namur ou si Pony finira par partir, comme les autres avant elle. 
 

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