Le risque de pauvreté a augmenté en Belgique

En 15 ans, le risque de pauvreté chez les moins de 60 ans est passé de 13,0% à 16,5%, indique vendredi le Bureau fédéral du Plan.

©belgaimage-164117405

Certes, les données datent un peu, mais elles indiquent une tendance inquiétante. Entre 2003 et 2014, le risque de pauvreté en Belgique pour l’ensemble de la population fluctuait autour de 15 %. Puis, de 2014 à 2017, il s’est mis à progresser pour aboutir à 16,4% (derniers chiffres disponibles). Soit le niveau le plus élevé jamais mesuré. Chez les personnes de moins de 60 ans, il a grimpé de 13,0 % en 2003 à 16,5 % en 2017.

Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement, la pauvreté se définit comme étant la combinaison d’insuffisances en termes de revenus et de développement humain (ensemble des besoins fondamentaux pour mener une vie décente, comme la santé, le logement, l’éducation etc.), ainsi que de l’exclusion sociale. C’est ici le risque de pauvreté monétaire que le Bureau fédéral du plan (BFP) pointe dans une publication, vendredi. Ce taux est défini comme le pourcentage de personnes dans le ménage disposant d’un revenu inférieur à 60% du revenu médian en Belgique.

Comme le rappelle le Bureau fédéral du plan, le risque de pauvreté touche principalement des familles parentales, des personnes titulaires au mieux d’un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur et des personnes de nationalité non européenne. De même, les chômeurs et autres inactifs sont également « exposés à un risque très élevé de pauvreté », indique le BFP.

Un virus tenace

Le Bureau fédéral du plan explique par ailleurs que 12,6% de la population de moins de 60 ans vivait, en 2017, dans un ménage à très faible intensité de travail. « Au cours de la période 2003-2017, ce pourcentage a évolué en fonction de la situation économique, mais la très faible intensité de travail reste particulièrement élevée en Belgique en comparaison avec les pays voisins et l’UE », souligne le BFP.

Le risque de pauvreté des personnes âgées de 18 à 59 ans vivant dans des ménages à très faible intensité de travail n’a cessé d’augmenter, passant de 49,8% en 2003 à 71,9% en 2017. Le risque persistant de pauvreté (risque de pauvreté pendant plusieurs années) chez les enfants de moins de 17 ans a quant à lui plus que doublé entre 2006 et 2017. En 2017, ce risque était plus élevé en Belgique que dans « l’UE et les pays voisins ».

Ces données du Bureau du plan font écho à une publication début mai de Statbel, qui rappelait que la pauvreté était un virus tenace et difficile à vaincre une fois installé. Se basant sur une étude réalisée en 2019, l’office belge de statistiques donnait ce chiffre : 30,4% des personnes qui ont vécu durant leur jeunesse dans un ménage confronté à des grosses difficultés financières vivent sous le seuil de pauvreté une fois adultes. Un pourcentage qui tombe à 7,7%, lorsqu’on a grandit dans un ménage en très bonne santé financière. D’après la même étude, les personnes dont le père avait un faible niveau d’éducation sont 31,2% seulement à avoir clôturé des études supérieures, contre près de 80% pour ceux dont le père disposait d’un diplôme du supérieur.

Plus d'actualité