Eric Zemmour, candidat à la présidence de la France ?

En coulisses, l’éditorialiste chercherait à former une équipe de campagne mais n’est pas encore prêt à officialiser sa candidature pour 2022. Une hypothèse qui inquiète déjà l’extrême-droite, qui voit en lui un concurrent sérieux, voire même un obstacle.

Une allure présidentielle ? (AFP)

En France, plus la date des futures élections présidentielles approche, plus la rumeur enfle. Et dernièrement, elle semble de plus en plus se concrétiser : le polémiste Eric Zemmour se présenterait pour succéder à Emmanuel Macron à la tête du pays.

Sur le papier, l’idée n’a rien de très séduisante : le chroniqueur a déjà été condamné pour provocation à la discrimination raciale et deux autres fois pour provocation à la haine envers les musulmans. En ce moment, le journaliste est accusé par plusieurs femmes d’agressions sexuelles, certaines récentes, d’autres remontant à la fin des années 90.

Mais malgré ces problèmes, sa popularité, et celle de ses idées très conservatrices et/ou d’extrême-droite, ne semble pas vaciller.

D’ailleurs, ses employeurs le maintiennent sur leur antenne et dans leurs colonnes. Dernièrement, la chaine d’informations CNews, dont le virage vers la (extrême) droite a été pointé du doigt par plusieurs observateurs, a confirmé qu’Eric Zemmour conserverait son poste. 

Du côté du Figaro, la Société des Journalistes, qui a déjà rappelé à l’ordre son collègue plusieurs fois par la passé, ou interpellé la direction à son sujet, a demandé une réunion ce mercredi pour aborder les accusations judiciaires mais aussi le fait que le chroniqueur a pris part à la manifestation policière du 19 mai à Paris, où il a été vu aux côtés du membres du Rassemblement national. Mais il serait présomptueux d’imaginer qu’une sanction en résulte, puisque ce ne fut pas le cas lorsqu’Eric Zemmour a été condamné.

Cela fait donc plusieurs mois désormais que médias et politiciens l’imaginent en campagne. En mars, même Marine La Pen, la présidente du Rassemblement national, qui joue sur le même terrain que le journaliste côté idées, avait commenté cette potentielle candidature : « Il pourrait diviser les voix, peut-être prendre une partie des voix et je pense qu’il faut au contraire que nous travaillions ensemble à constituer une grande force politique pour battre Emmanuel Macron ».

Un directeur de campagne

Et cette semaine, dans les pages du Parisien, on apprend que l’éditorialiste pourrait bel et bien se présenter mais hésite encore, tout comme ceux qui, il y a peu, soutenaient ce projet hypothétique, comme Robert Ménard ou Philippe de Villiers. Le quotidien explique aussi que Marine Le Pen, inquiète de perdre des voix au point de ne pas passer au deuxième tour, aurait demandé à son père de dissuader le polémiste de se présenter. 

Mais Eric Zemmour tâterait déjà le terrain. D’après Pauline de Saint Rémy, journaliste à Politico, il aurait demandé à Patrick Stefanini, ancien directeur de campagne de Chirac et Fillon, « avec insistance » de devenir son directeur de campagne. « Je lui ai dit qu’autant j’étais prêt à lui expliquer ce qu’est une campagne présidentielle, autant je ne suis pas en mesure de prendre le moindre engagement présidentiel », a commenté l’homme de droite. Et d’après L’Express, il ne s’agit pas de la seule personne contactée pour faire partie d’une potentielle équipe. 

Compter son temps de parole

L’idée d’un Zemmour candidat trotte dans tellement d’esprits que Stéphane Séjourné, député La République en Marche à l’Europe, a voulu lancer un débat : ne faudrait-il pas comptabiliser le temps de parole du journaliste comme celui d’un parti ? « La logique d’une frontière grise –on ne sait pas si Éric Zemmour est dans le champ politique, s’il va se présenter à une élection, s’il fait campagne pour quelqu’un– est de se demander si ce temps de parole n’est pas un temps de parole politique. Ceux qui regardent ces émissions voient bien que ce temps de parole va au-delà. Je pense qu’il y a une réflexion à mener », a-t-il déclaré sur France Inter.

On devrait encore s’interroger sur cette question, qui inquiète très logiquement beaucoup de monde au vu des idées et de la popularité de l’homme, un bon moment puisqu’Eric Zemmour attendrait septembre et les résultats des élections régionales pour se décider. Il ne reste plus qu’à espérer que l’extrême-droite remporte peu de suffrage pour l’en dissuader…
 

Plus d'actualité