Oui, ce mois de mai était pourri (et le printemps en partie)

Le bilan climatique de mai est peu flatteur, à de nombreux points de vue. Sur les trois derniers mois, les paramètres tendent plus vers la normale, mais pas toujours.

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Le week-end passé a été splendide mais sur la totalité du mois de mai, il a bien été le seul! Après des semaines d’intempérie, l’Institut royal météorologique (IRM) confirme ce qui aurait pu faire figure de simple impression: le mois passé a été exécrable. Le bilan climatique qui vient d’être publié montre que mai 2021 figure parmi les pires depuis 1991. Et même si on n’est qu’au début du mois de juin, l’IRM a aussi établi un rapport préliminaire sur le printemps. Ici, pas de catastrophe mais quand même certains points qui interpellent.

Un mois de mai dégueu

Si vous vous êtes plaints du froid pendant des semaines, vous avez raison! Le mois de mai écoulé figure parmi les cinq plus glacials sur les 30 dernières années. Il n’y a eu que quatre jours de «vrai printemps», c’est-à-dire au-dessus des 20°C, et seulement un petit jour digne d’un été, donc au-dessus de 25°C. En temps normal, il y en a respectivement 10,7 et 2,9 en mai. Ce n’est pas loin du record de la période 1991-2021 puisque celui-ci est de trois jours de printemps (en 1991, 1996, 2013 et 2015). Sans surprise, c’est la commune germanophone de Bütgenbach, une des plus froides du pays, qui en a pris le plus pour son grade. Le 3 mai, il a fait -5,1°C dans sa section d’Elsenborn. Quelques jours plus tard, le 9, le record maximal a été atteint à Koersel, au nord d’Hasselt, avec 28,3°C.

Le mois de mai a aussi été exceptionnel du point de vue des précipitations. Le record du nombre de jours de pluie (sur la période 1991-2021) a été égalé: 22 jours, comme en 2007. En temps normal, il y en a 13,1. Même topo pour les orages: 19 jours, contre 12,3 en moyenne. Ici, on frôle le record établi à 20 jours en 2000 et 2006. Bilan: 85,8 mm d’eau se sont déversées sur Uccle en mai, contre 59,7 mm en moyenne sur les 30 dernières années. Un changement complet comparé à 2020 où il n’y a eu à Uccle que… 5,4 mm de pluie! Ailleurs, les précipitations ont varié d’un peu plus de 100% de la normale en Hesbaye à environ 150% dans les Flandres.

Logiquement, le soleil s’est donc fait plutôt discret. Ses rayons n’ont pu atteindre le sol belge que pendant 170h, soit moins que la normale de 198h à Uccle. Sur tout le mois en 2021, il n’y a eu qu’un petit jour avec un ciel serein ou faiblement nuageux, contre 4,8 en temps normal. Un fait qualifié de «remarquable» par l’IRM.

Un printemps froid sans plus

Si on prend en compte la période mars-mai, le constat est plus ou moins le même sur le plan des températures: il a fait gelant. Jamais le mois d’avril n’a été aussi froid depuis 1986 et mai n’a pas été glorieux. Mars relève un peu la barre mais pas assez. La moyenne du printemps s’établit donc à 8,8°C de moyenne, contre 10,5°C pour les 30 dernières années. C’est le troisième printemps le plus froid depuis 1991. Cela s’est concrétisé par un grand nombre de jours de gel (9, contre 6 pour la moyenne) et très peu de jours de printemps (7, soit un score équivalent au record de 2013).

Mais pour le reste, le printemps 2021 n’est pas si exceptionnel. L’ensoleillement est plutôt normal, voire supérieur aux autres années (535h, contre 495h pour 1991-2021) grâce à mars et avril. Ces deux mois-là ont d’ailleurs été assez secs et la moyenne saisonnière des précipitations est respectée (165,6 mm), malgré l’humidité de mai.

Notons quand même que la présence de la neige a été notable en avril. Le 7, 22cm de neige sont tombés sur le Mont-Rigi, près de la Baraque Michel. C’est un record pour ce mois-là depuis les 22,5 cm du 29 avril 1985. Un jour plus tôt, le 6 avril, Uccle était recouvert d’un manteau blanc de 6,5 cm. Ici, pour en avoir un encore plus épais à cette même période de l’année, il faut remonter aux 10 cm de neige tombés… le 13 avril 1913!

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