Comment atteindre la neutralité carbone en 2050 ?

Un rapport présente les scénarios possibles pour que la Belgique atteigne la neutralité carbone en 2050, un objectif « techniquement réalisable ». Si on ne traîne plus.

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Atteindre la neutralité carbone pour 2050 ; l’objectif paraît lointain. En réalité, pour notre planète qui surchauffe, c’est comme si c’était demain. Or, pour réduire au maximum les émissions de gaz à effet de serre dans tous les secteurs de la société et compenser les émissions résiduelles inévitables, il va falloir adopter un rythme autrement plus rapide.

Entre 1990 et 2019, les émissions de CO2, méthane, protoxyde d’azote, etc. ont baissé en moyenne de 0,7% par an. Selon les calculs du SPF Santé publique/Environnement, les réductions attendues dans le cadre du plan national énergie-climat de la Belgique devraient tourner autour de 1,3 millions de tonnes de C02. Pour atteindre la neutralité carbone, les émissions devront baisser de 3,4% par an, soit 4 millions de tonnes de C02… Le tout, alors que la population belge est appelée à croître de 10% d’ici au milieu du siècle.

5 scénarios étudiés

Le défi est « majeur » reconnaît le SPF, mais « techniquement faisable ». Pour supporter cette ambition, l’administration fédérale de l’environnement a accouché mardi d’un rapport prospectif. Cet outil de modélisation permet de tracer les différentes voies menant à la neutralité climatique. Il mesure l’impact des changements nécessaires dans tous les secteurs de la société, en fonction de plusieurs scenarios. Le premier sert de repoussoir et correspond à une évolution « business as usual ».

Les trois autres scénarios se basent soit sur des changements de comportements et de société (en matière de déplacements, d’alimentation, de logement) ; soit sur des évolutions technologiques (captation du C02, énergie verte) ; soit combinent ces deux premiers facteurs. Un dernier scénario envisage un accroissement des besoins énergétiques à l’horizon 2050.

Efforts à répartir

Globalement, plusieurs constantes se retrouvent dans la plupart des scénarios. Les réductions d’émissions ne pourront épargner aucun secteur. Mais ces émissions ne seront pas complètement neutralisées, surtout dans l’agriculture et l’industrie, des secteurs qui continueront d’émettre. Il faudra se pencher sur le prélèvement du C02 rejeté dans l’atmosphère, pour le réutiliser ou le stocker ; certaines de ces techniques restant pour l’instant controversées et/ou peu économiques. Tous les scénarios impliquent un boost des énergies renouvelables et le développement de sources d’énergie (hydrogène, combustibles synthétiques, biomasse…). Une autre piste sera d’augmenter la taille des forêts et de réduire celle des cheptels en agriculture.

Nos comportements seront également appelés à changer, via une réduction de l’usage de la voiture, des régimes alimentaires moins carnés, etc. Ces différents scénarios devraient permettre d’aider toutes les parties autour de la table, a jugé la ministre fédérale de l’Environnement, Zakia Khattabi (Ecolo). Car si en Belgique, l’actuel gouvernement fédéral soutient l’objectif de neutralité carbone pour 2020 et est rejoint en cela par la Wallonie et Bruxelles, ce n’est pas le cas de la Flandre.

Jusqu’ici, seule la barre intermédiaire de 35% de réduction de nos émissions en 2030 par rapport à 1990 a été validée par tous les échelons de pouvoir. Tout effort supplémentaire à fournir pour réduire davantage devra être réparti entre le Fédéral et les trois Régions. Une gageure, quand on sait qu’il a fallu près de 8 ans pour s’accorder sur la répartition de -35%.

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