Quand la vidéo d’un sommet sud-coréen met Pyongyang en avant

C'est une bourde monumentale. En Corée du Sud, la vidéo de présentation d'un sommet mondial virtuel a suscité un tollé, en mettant en avant la capitale... nord-coréenne.

À l'image apparaît le fleuve Taedong qui traverse Pyongyang. - AFP

Le sommet du Partenariat pour la croissance verte et les objectifs mondiaux 2030, ou P4G, a ouvert dimanche avec un discours du président sud-coréen Moon Jae-in, avant des interventions attendues de plusieurs dirigeants comme la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron ou le Premier ministre chinois Li Keqiang.

Mais le sommet virtuel, organisé par la Corée du Sud, s’est couvert de ridicule en débutant avec une vidéo promotionnelle qui laissait entendre que cet événement international se déroulait en fait à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. En cause, ce moment où à l’image apparaît le fleuve Taedong qui traverse Pyongyang. La caméra fait un zoom arrière qui révèle le Stade du Premier-Mai, le plus grand au monde avec une capacité de 150.000 spectateurs, puis le reste de la ville, la péninsule coréenne, l’Asie et le monde. « Les dirigeants du monde entier se retrouvent ici aujourd’hui« , indique une légende.

« Catastrophe diplomatique »

Faute de traité de paix conclu à l’issue de la Guerre de Corée (1950-1953), le Sud demeure techniquement en guerre avec le Nord, et les conservateurs sud-coréens accusent régulièrement M. Moon, issu du centre-gauche, de complaisance à l’égard de Pyongyang.

Cette énorme bourde a entraîné une vive réaction sur les réseaux sociaux alors que Pouvoir au Peuple, la principale formation de l’opposition, a dénoncé « une catastrophe diplomatique« .

La vidéo a depuis été amendée pour faire démarrer le zoom arrière de Séoul, et non plus Pyongyang. C’est cette version que l’on trouve sur le compte YouTube du sommet.

La « Maison bleue », siège de la présidence sud-coréenne, a tenu à indiquer que cette vidéo avait été réalisée par un prestataire extérieur qui avait travaillé dans un calendrier très serré.

Dans un communiqué adressé à l’AFP, les organisateurs font part de leurs « regrets de ne pas avoir suffisamment supervisé les étapes préparatoires » et promis « de faire de leur mieux pour que ce genre de problème ne se répète pas« .

Les détracteurs de M. Moon avaient déjà émis des doutes sur l’influence diplomatique de son gouvernement en faisant remarquer que ni le président chinois Xi Jinping, ni l’Américain Joe Biden, ne participaient au sommet de deux jours.

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