Naomi Osaka : les raisons de son retrait de Roland-Garros

Au cœur d'une polémique, la numéro 2 mondiale Naomi Osaka a déclaré forfait au tournoi de Roland-Garros.

Naomi Osaka. - AFP

Un petit match et puis s’en va. Naomi Osaka ne jouera pas le second tour de Roland-Garros, pour lequel elle s’était qualifiée dimanche. Lundi soir, sur Twitter, la joueuse japonaise a annoncé son retrait du tournoi. « Je pense que, maintenant, la meilleure chose pour le tournoi, les autres joueuses et mon bien-être est que je me retire pour que chacun puisse se concentrer à nouveau sur le tennis », a-t-elle écrit dans un long message, cinq jours après avoir annoncé qu’elle ne participerait pas aux conférences de presse à Roland-Garros. Et ce, pour préserver sa santé mentale.

Un silence radio qui fait grand bruit

Les conférences de presse étant obligatoires après chaque match, ce boycott médiatique a provoqué un bras de fer entre la numéro 2 et le reste du tennis mondial. Pour ne pas s’être présentée devant les journalistes après sa victoire dimanche contre la Roumaine Patricia Maria Tig, la quadruple lauréate en Grand Chelem a écopé d’une amende de 15.000 dollars. Une goutte d’eau pour la sportive la mieux payée de l’histoire. Mais les quatre tournois les plus puissants du tennis mondial ont été encore plus loin. Dans un communiqué commun, Roland-Garros, l’Open d’Australie, Wimbledon et l’US Open ont menacé la joueuse de disqualification pour ce tournoi, voire de suspension pour les trois autres.

Connue pour ses prises de position déterminées, la championne de 23 ans a finalement décidé 24 heures plus tard de se retirer elle-même de Roland-Garros. « Je n’ai jamais voulu créer de perturbation et je reconnais que le timing n’était pas idéal et que mon message aurait pu être plus clair », s’est-elle excusée sur Twitter. « La vérité est que j’ai traversé de longues périodes de dépression depuis l’US Open 2018 (son premier sacre en Grand Chelem, ndlr) et que j’ai eu beaucoup de mal à m’en remettre », raconte la Japonaise, qui a grandi et vit aux Etats-Unis. « Quiconque me connaît sait que je suis introvertie, et quiconque m’a vue pendant des tournois aura remarqué que je porte souvent un casque audio parce que ça m’aide à atténuer mon anxiété sociale. Je ne suis pas naturellement à l’aise pour parler en public et je ressens d’immenses vagues d’anxiété quand je dois m’adresser à la presse mondiale. »

Respect

En refusant de donner des conférences de presse, Naomi Osaka voulait changer les règles en dehors des courts, qu’elle juge « dépassées ». Sa première tentative est ratée, mais la joueuse ne baisse pas les bras pour autant. « Je vais me retirer un certain temps des courts mais, le moment venu, je veux vraiment travailler avec le circuit pour discuter des moyens d’améliorer les choses pour les athlètes, la presse et les fans. »

Sa décision a été accueillie avec tristesse par la Fédération française de tennis, organisatrice du tournoi. « Le retrait de Naomi de Roland-Garros est une issue malheureuse. Nous lui souhaitons le meilleur et le plus prompt rétablissement possible et nous espérons revoir Naomi à notre tournoi l’année prochaine », a déclaré le président de la FFT Gilles Moretton.

Mais la joueuse a pu compter sur le soutien de nombreuses autres personnalités du monde sportif, même au-delà du tennis. « Tout cela va plus loin que de donner ou ne pas donner une conférence de presse. Bonne chance Naomi, nous sommes tous derrière toi ! », a réagi l’ancienne championne de tennis Martina Navratilova. « Je voudrais la serrer dans mes bras, parce que je sais ce que c’est », a commenté de son côté Serena Williams, qui avait brutalement mis fin à sa conférence de presse, en larmes, après sa défaite en demi-finale face à Naomi Osaka justement, lors du dernier Open d’Australie. Le basketteur Stephen Curry a fait part de son « grand respect » pour la championne de tennis. « Tellement impressionnant de prendre ce chemin difficile lorsque les pouvoirs en place ne protègent pas les vôtres. »

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