Les éditeurs de presse européens demandent la libération de Roman Protasevich

L’association européenne des éditeurs de presse (ENPA) dénonce les actions de l’Etat biélorusse, condamne cette arrestation criminelle et demande à l’Union Européenne d’agir fermement.

Le logo de l'action de l'ENPA.

Ce lundi, tous les membres de l’association européenne des éditeurs de presse (ENPA) s’unissent dans le cadre d’une vaste opération de soutien au journaliste Roman Protasevich, aujourd’hui prisonnier politique et de « défense des valeurs européennes fondamentales ».

« Sur notre continent, un dictateur emprisonne des journalistes et écrase les libertés. En détournant un vol d’une compagnie aérienne européenne entre deux capitales de l’UE pour capturer un journaliste d’opposition, le régime biélorusse a commis une attaque brutale contre les valeurs fondamentales de la démocratie, partagées par tous les Européens, la liberté d’expression et contre la liberté de la presse », écrit l’ENPA, qui « condamne fermement cet acte criminel contre une liberté reconnue à tout citoyen dans toute constitution d’un pays démocratique. »

L’association européenne des éditeurs de presse appelle l’Union Européenne a agir fermement envers la Biélorussie, « qui n’hésite pas à recourir au piratage pour mettre en péril des libertés essentielles, même en dehors de ses frontières ». Elle ajoute : « L’enlèvement et le traitement scandaleux d’un journaliste nous menacent tous, en solidarité avec Roman Protasevich, dont nous exigeons la libération immédiate. »

afp

Une affichette lors d’une manifestation pour la libération du journaliste. (Belga)

Journaliste sur Telegram

Pour rappel, Roman Protasevich, 26 ans, est un journaliste biélorusse d’opposition, actuellement détenu dans la capitale Minsk par la police après qu’un avion dans lequel il se trouvait, le fameux vol Ryanair de la Grèce à la Lituanie, ait été détourné par l’Etat biélorusse. Une action largement condamnée sur la scène internationale. 

Jusqu’en novembre, Protasevich était éditeur pour le média d’opposition Nexta, actif sur Youtube et via l’application Telegram. Il s’agit d’une messagerie sécurisée, mais puisque l’Etat censure beaucoup de médias et sites web indépendants, c’est le moyen qu’a trouvé l’opposition pour communiquer et diffuser des actualités. Le compte Telegram Nexta Live est le plus populaire dans le pays, puisqu’il s’agit d’un des seuls canaux d’information d’opposition du pays.

Roman Protasevich, tout comme Stepan Svetlov, fondateur de Nexta, est actuellement sérieusement poursuivi par la Biélorussie. Il a été inscrit sur une liste de personnes « impliquées dans des activités terroristes » et est accusé de provocation de mouvements de masse, des faits passibles d’une peine allant de 15 ans de prison jusqu’à la peine de mort.

Nexta est parfois critiqué pour ses informations pas toujours vérifiées ou sa position parfois floue entre média d’actualité et canal de communication pour manifestations et mouvements sociaux. Le journaliste avait d’ailleurs déclaré à ce sujet : « C’est difficile de définir ce que nous sommes. Je suppose que nous sommes principalement des Biélorusses qui aimeraient rentrer chez eux et vivre dans un pays libre, sans dictature. »

En effet, la majorité de l’équipe de Nexta travaille depuis la Pologne ou la Lituanie, pays membres de l’Union Européenne et de l’Otan. Protasevich a, lui, quitté la Biélorussie en 2019 et a demandé la nationalité polonaise en janvier 2020. Depuis juin 2020, Roman Protasevich travaille pour un autre media actif sur Telegram, Belamova.

Le 23 mai dernier, alors qu’il était à bord d’un vol Athènes-Vilnius, son avion a été détourné par la Biélorussie, qui suspectait « la présence d’une bombe à bord », après « des menaces du Hamas ». Mais à l’atterrissage à Minsk, le journaliste d’opposition et sa compagne ont été arrêtés.

Pour Amnesty International et beaucoup d’autres associations et ONG, ces explications sont mensongères. Elles condamnent ces méthodes et demandent la libération immédiate de Protasevich, un mouvement auquel l’ENPA se joint aujourd’hui.
 

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