Écrans : 4 fois plus de chance de sécher les cours

Diabolisée par certains, plébiscitée par d'autres, la consommation de télévision, d'Internet, de réseaux sociaux ou de jeux vidéo par les jeunes est à nouveau scrutée par des chercheurs. Vous voulez vraiment savoir?

Jeux Vidéos @Unsplash

«Si les jeux vidéo nous avaient affectés en tant qu’enfants, nous serions en train de déambuler dans des salles obscures, à bouffer des pilules et à écouter de la musique électronique répétitive.», plaisantait le satiriste britannique Marcus Brigstocke. Plus sérieusement, quel est l’impact de la consommation récréative d’écrans sur la santé mentale et la scolarité des jeunes? Publiée dans la très sérieuse revue Computers in Human Behavior, une nouvelle étude sonde les conséquences de cette dépendance. Une dépendance gonflée par la crise sanitaire et ses confinements successifs. Réalisée par des chercheurs de l’Université de Rutgers à New Brunswick (New Jersey, États-Unis), cette enquête a investigué les pratiques de quelque 10.000 collégiens âgés en moyenne de 13 ans et demi. Et ses conclusions sont plutôt alarmantes.

Les jeunes qui surfent sur le Net, utilisent des réseaux sociaux ou jouent à des jeux vidéo plus d’une heure par jour en semaine dans le seul but de se divertir voient chuter leurs performances scolaires. Ces collégiens adeptes des écrans affichent de moins bonnes notes que les autres, voient leurs ambitions professionnelles chuter, ont plus de mal à se concentrer en classe et sont aussi plus enclins à l’absentéisme. De mauvais résultats proportionnels à leur consommation ludique d’écrans. Ainsi, les collégiens qui s’adonnent à ces pratiques quatre heures ou plus par jour ont quatre fois plus de probabilité de sécher les cours. Sans grande surprise, cette étude confirme que les filles sont moins touchées par cette addiction que les garçons et affichent un meilleur engagement scolaire.

Des résultats qui appuient ceux dévoilés par une autre vaste étude menée au Canada entre 2014 et 2018 par des chercheurs de l’Université de Colombie-Britannique auprès de plus de 28.000 ados. Publiées dans la revue Preventive Medicine, ces conclusions suggèrent qu’une exposition aux écrans de plus de deux heures par jour augmente le risque d’anxiété et de symptômes dépressifs. Rappelons que la plupart des jeunes ont une consommation effrénée d’écrans. Ainsi, selon l’enquête #Génération2020 réalisée en Fédération Wallonie-Bruxelles, 59% des jeunes utilisent leur smartphone au moins… quatre heures par jour.

Si les grandes études sur les conséquences néfastes des écrans sont essentiellement d’origine américaines ou canadiennes, les coups de sonde européens se multiplient également ces dernières années. Ainsi, en 2018, une enquête allemande scrutait les habitudes de consommation de 850 adolescents de niveau d’étude différents dans la ville de Leipzig. A nouveau, cette étude constate que les jeunes qui consomment le plus de télévision, d’Internet ou de consoles de jeux affichent de moins bons résultats scolaires, notamment en allemand ou en mathématiques.

De quoi diaboliser encore davantage les écrans? Oui et non. L’étude américaine révèle en effet que la consommation modérée de ces plaisirs vidéoludiques – c’est-à-dire moins d’une heure par jour et le week-end – améliore en réalité le développement cognitif des enfants et réduit le sentiment d’ennui à l’école. Ce que confirme aussi une autre enquête réalisée par les chercheurs britanniques de l’University College of London. La pratique régulière mais responsable de jeux vidéo permettrait d’ailleurs à certains ados de ne pas tomber dans la dépression. A l’instar de 4teens, rappelons qu’il existe aujourd’hui une multitude d’applications pour aider les jeunes à (mieux) gérer leur consommation d’écrans et leur hyper-connexion.           

 

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