Le vaccin de Pfizer autorisé pour les 12-15 ans en Europe

L’Agence européenne des médicaments (EMA) a donné son feu vert vendredi à l’utilisation du vaccin Pfizer/BioNTech pour les adolescents de 12 à 15 ans. Celui-ci est déjà largement utilisé pour cette tranche d’âge aux États-Unis. Reste à connaître la position belge.

©belgaimage-175786556/Une adolescente de 16 vaccinées sous les yeux de sa mère, le 28 avril à Anaheim (Etats-Unis)

Un pas plus loin. Après avoir approuvé l’utilisation du vaccin Pfizer pour les adolescents de 16 ans et plus, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a remis vendredi un avis favorable à son extension aux enfants et adolescents âgés de 12 à 15 ans. Comme l’a expliqué l’EMA, l’usage du vaccin germano-américain sera le même que chez les adultes : il nécessitera deux injections, dans le bras.

Pour cette nouvelle recommandation, l’Agence s’est appuyée sur une étude clinique menée auprès de 2.260 enfants dans la tranche d’âge concernée. Conclusions ? La réponse immunitaire était comparable à celle observée chez les jeunes adultes de 16 à 25 ans. Dans le groupe vacciné, aucun volontaire n’a développé le Covid-19 (100% d’efficacité) ; dans le groupe test, 16 ados sur 978 ont été infectés. L’étude n’a cependant pas permis d’affirmer que le vaccin réduisait la transmission du virus, bénéfice principal de la vaccination chez les jeunes, puisqu’ils développent rarement des formes graves du covid. « Nous avons des études chez les adultes qui indiquent que le vaccin de Pfizer réduit de 30 à 50 % la transmission, a indiqué au Soir Jean-Michel Dogné, expert en sécurité vaccinale et responsable du département pharmacie de l’UNamur. On peut espérer que c’est la même chose chez les adolescents mais cela doit encore être démontré ».

Le produit de Pfizer/BioNTech est le premier vaccin anti-covid à obtenir une autorisation du régulateur européen. L’UE rejoint ainsi le Canada et les États-Unis, qui en avaient étendu l’usage aux 12-15 ans début mai.

La Belgique temporise

Précision importante : ce n’est pas parce que l’EMA l’autorise que chacun des 27 pratiquera la vaccination à cet âge. Chez nous, la vaccination est pour l’instant limitée aux 18 ans et plus. La semaine dernière, le Conseil supérieur de la santé (CSS) a recommandé l’injection avec Pfizer pour les 16-17 ans. Mais la conférence interministérielle (CIM), qui réunit les différents ministres de la Santé en Belgique, n’a pour l’heure pas encore tranché pour cette dernière tranche d’âge. C’est la semaine prochaine que la CIM devrait se pencher sur la question de la vaccination des 16-17 ans, mais uniquement sur cette question, selon la RTBF. Celle des jeunes de 12 à 15 ans ne serait donc pas à ce stade envisagée. Un avis a été toutefois demandé au CSS. Il est attendu dans le courant du mois de juin.

De nombreux questionnements, éthiques notamment, restent en effet en suspens. Pour ses partisans, la vaccination des plus jeunes serait nécessaire pour atteindre l’immunité collective et permettrait de prévenir l’apparition de nouveaux variants. Autre argument : la protection des publics jeunes et fragiles. « Je pense qu’une autorisation serait bénéfique à des enfants souffrant de comorbidités, donc des facteurs de risque, ou pour protéger des membres plus fragiles de leur famille » expliquait à RLT Dimitri Vanderlinden, pédiatre infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc. Pour d’autres, la balance bénéfices/risques ne penche pas en faveur de la vaccination des enfants et des adolescents, vu le risque -très faible- que courent ceux-ci face au Covid.

Et puis, comme s’interrogeait lui-même le Conseil supérieur de la santé, est-il éthiquement acceptable de programmer chez nous la vaccination massive d’adolescents, alors que de nombreux patients âgés et à risque n’ont pu encore bénéficier de l’injection dans le reste du monde ? Selon l’OMS, seul un « petit groupe de pays » jouit ainsi d’un large accès aux vaccins covid. « Plus de 75% de tous les vaccins ont été administrés dans seulement 10 pays » rappelait récemment le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.

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