Tou·t·e·s pour l’écriture inclusive?

La France l’interdit formellement dans l’enseignement, le débat fait rage en Belgique. On fait le point sur le point médian.

écriture inclusive? @BelgaImage

Vieille école

Le masculin l’emporte
Dans la langue française, la règle grammaticale veut que le masculin l’emporte s’il y a des hommes et des femmes dans un groupe. On dira donc que “Tous les politiciens débattent de l’écriture inclusive”, qu’importe si ces politiciens sont aussi des politiciennes.

France
Une circulaire émanant du ministre de l’Éducation nationale a rouvert le débat en France. Elle proscrit le recours en classe à l’écriture inclusive, celle-ci étant “complexe”, “instable” et constituant un “obstacle à l’acquisition de la langue comme de la lecture”. En réalité, c’est surtout le point médian qui est visé, la circulaire préconisant toutefois la féminisation des métiers et fonctions.

Acte symbolique
Dans les faits, l’écriture inclusive n’est pas enseignée dans les classes françaises. Mais le débat politique reste clivant entre une droite très contre et une gauche et des écologistes favorables. La circulaire française relève donc plus de l’acte symbolique – et politique – qu’autre chose. Un pétard mouillé.

Péril mortel
Pour l’Académie française, l’écriture inclusive est un “péril mortel”, menant à une langue “désunie, disparate”. Chez nous, le Conseil de la langue française et de la politique linguistique souligne que “ces techniques altèrent la lisibilité des textes”.

Nouveau principe
 

Égalité homme-femme
Née de la volonté de mettre le féminin à égalité avec le masculin, l’écriture inclusive utilise plusieurs techniques comme celle du point médian, au cœur des débats. Mais on peut aussi mentionner les termes au féminin et au masculin l’un à la suite de l’autre, sans avoir recours au point.

Belgique
Depuis 1993, un décret impose aux autorités publiques francophones de “féminiser” leurs textes officiels. En FWB, un guide d’écriture inclusive encourage l’égalité écrite. Mais en matière d’enseignement, les futurs référentiels du nouveau tronc commun du Pacte d’excellence ne prônent pas l’utilisation du point médian. Et aucun décret n’est en préparation.

Faux débat
Notre ministre de l’Éducation Caroline Désir ne compte pas interdire l’écriture inclusive, mais ne veut pas l’imposer non plus, d’autant que la langue française n’est pas de sa compétence. Elle rappelle que l’écriture inclusive ne doit pas se résumer à la question du point médian.

Pratique progressiste
Chez nous, nombreux sont les institutions et organismes à encourager une communication inclusive (tout en déconseillant le point médian). Cela permet de donner plus de visibilité aux femmes au sein de la langue et de neutraliser les genres.

 

 

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