Mais où se cache Jürgen Conings ?

Après une semaine de recherches intensives, Jürgen Conings demeure introuvable. Mais quelles sont les pistes qui entourent sa cavale ?

Des soldats à la recherche de Jürgen Conings dans le parc de la Haute Campine. - BELGA

La chasse à l’homme continue. Depuis mardi dernier, les autorités recherchent activement Jürgen Conings, le militaire soupçonné de vouloir s’en prendre à l’État et au virologue Marc Van Ranst. Toujours en vain, jusqu’ici. Avant de prendre la fuite, le caporal fiché comme étant un sympathisant de l’extrême droite avait abandonné ses décorations militaires sur la tombe de ses parents et volé des armes dans sa caserne. Un signe inquiétant, qui a également mis en cause le suivi des radicaux dans l’armée belge.

Considéré comme extrêmement dangereux, le fugitif est désormais recherché à l’international et poursuivi pour « tentative d’assassinat et possession illégale d’armes dans un contexte terroriste ». Après une semaine de recherches pour le moment infructueuses, l’enquête se poursuit. « Toutes les pistes sont ouvertes, nous n’excluons rien », a déclaré vendredi le porte-parole du parquet fédéral Eric Van Duyse.   

Évanoui dans la nature

Les opérations de recherche se sont d’abord concentrées sur le parc national de la Haute Campine, dans le Limbourg, où d’importants moyens ont été déployés pour retrouver Jürgen Conings. Mardi, en fin d’après-midi, sa voiture avait été découverte en lisière de ce parc de de 12.000 hectares, non loin de la frontière néerlandaise, avec quatre lance-roquettes à bord, et des munitions. Mais vendredi, sans trace du fugitif, les fouilles ont pris fin et le parc a pu rouvrir au public.  

recherche en cours de Jurgen Conings

Des soldats à la recherche de Jürgen Conings dans le parc de la Haute Campine. – BELGA

Cela signifie-t-il pour autant que la piste est définitivement écartée ? « Le fait qu’il n’ait pas été retrouvé ne signifie pas nécessairement qu’il n’est pas ou n’était pas dans la région », a réagi toutefois Eric Van Duyse. Habilité à gérer le camouflage, le suspect a très bien pu se planquer dans la nature ou au fond d’un des nombreux bunkers que compte le parc limbourgeois.

Malgré cette vaste opération des forces de l’ordre, munies de caméras thermiques et appuyées par des hélicoptères, des chiens policiers et plusieurs drones, ces fouilles n’ont pas permis de retrouver l’individu recherché. « Après cette phase, l’enquête se poursuit désormais, d’une manière moins visible, à différents endroits et avec différentes méthodes », a précisé le parquet.

La fausse piste

Jürgen Conings nous aurait-il bernés ? Certains pensent qu’il a laissé sa voiture et les quatre lance-roquettes aux abords de ce parc pour brouiller les pistes et s’enfuir ailleurs. Une hypothèse renforcée par le fait que le militaire avait piégé son véhicule abandonné. Comme l’a révélé la presse flamande, les démineurs ont trouvé « un dispositif suspect » composé de câbles et de fusées éclairantes, qui aurait pu se déclencher à l’ouverture des portes. Ces fusées ne représentent pas un danger direct, mais elles auraient pu déclencher un incendie qui, au bout de quelques minutes, aurait peut-être provoqué l’explosion des armes et des munitions à bord.

Pour Michaël Dantinne, criminologue à l’Université de Liège, le mode opératoire du militaire ne laisse pas de doute : il y a eu préméditation, voire même « scénarisation ». « On est face à quelqu’un qui a mûri et réfléchi à son projet », expliquait-il dimanche au micro de RTL.

Jurgen Conings

L’homme le plus recherché de Belgique, Jürgen Conings. – BELGA

L’autre indice qui laisse penser que le suspect n’a pas agi sur un coup de tête, ce sont les lettres d’adieu adressées à sa compagne et à la police, dont une où il déclare « rejoindre la résistance ». « Je sais que je deviendrai l’ennemi de l’État. Ils me chercheront et me trouveront au bout d’un moment. Je suis prêt à ça. Petit à petit, tout s’est mis en place et j’ai commencé à me préparer. » Il s’excuse également auprès de sa petite-amie pour pour les « ennuis policiers et judiciaires » que sa disparition a pu causer. « Je vais m’assurer qu’il n’y a rien à trouver. Tout est parti. »

Une fuite à l’étranger

En une semaine de traque, le fugitif bien préparé a le temps de partir le plus loin possible. Depuis samedi, Jürgen Conings fait d’ailleurs l’objet d’un avis de recherche par Interpol. Pour identifier de potentiels soutiens durant cette fuite, une dizaine de perquisitions ont été menées dans son entourage, dans la nuit de vendredi à samedi, notamment chez des personnes ayant des sympathies avec l’extrême droite.

Mais, pour Michaël Dantinne, la fuite vers l’étranger ne serait pas en accord avec sa mission initiale. « A priori son projet n’était pas de partir à l’étranger et de se cacher. Son projet était vraisemblablement de commettre un attentat », rappelle le criminologue. Mission qui, tant que le militaire n’est pas retrouvé, serait toujours en cours.

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