Le travail des médecins assistants bientôt revalorisé ?

Les médecins en formation ont annoncé avoir trouvé un accord avec le ministre de la Santé. Ils avaient mené un mouvement de grève jeudi pour réclamer une médecine plus humaine.

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« Les médecins en formation travaillent actuellement 60 heures par semaine en moyenne. Il n’est pas rare que ce temps de travail aille jusqu’à 100 heures hebdomadairement, incluant également des nuits blanches de travail, enchaînant parfois 36 heures d’affilées sans période de repos ». Des conditions de travail éreintantes que dénoncent les représentants des médecins assistants. Depuis un an, les discussions vont bon train entre hôpitaux, médecins et médecins assistants candidats spécialistes, ou « Macs ». Le but ? améliorer les conditions de travail et d’apprentissage des assistants, tout en harmonisant leur situation à l’échelle du pays.

La semaine dernière, la commission nationale médecins-hôpitaux (CPNMH) avait débouché sur un accord. Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke promettait de dégager 20 millions d’euros supplémentaires pour implémenter un « contrat de formation uniforme », avec hausse salariale d’environ 10%, une meilleure rémunération des heures supplémentaires, 20 jours de congés légaux, etc. Au contraire de leurs homologues néerlandophones, les assistants francophones ont d’abord rejeté l’accord, jugeant qu’il n’améliorerait pas leurs conditions de travail.

« Sacrifices personnels conséquents »

Après une première action de grève jeudi, un nouvel arrêt de travail des médecins assistants était prévu ce lundi. À la suite d’une réunion avec le cabinet Vandenbroucke, il a finalement été annulé. « Les engagements pris par le chef de cabinet nous satisfont pleinement », a livré à Belga Alexandre Niset, porte-parole du Galuc, groupement de l’UCLouvain, représentant 1.600 médecins en formation en Belgique. « À l’issue de notre réunion, des engagements indispensables ont été pris par le Chef de Cabinet du Ministre » ont appuyé les représentants des médecins en formation dans un communiqué commun.

Selon eux, les autorités en charge de la Santé se sont engagées sur plusieurs points, de nature à rassurer les candidats spécialistes. Ceux-ci devraient à l’avenir être davantage impliqués dans les processus décisionnels les concernant, en participant notamment aux réunions de la commission nationale médecins-hôpitaux. « La crise sanitaire que nous traversons a mis en évidence la fragilité d’un système nécessitant une réforme à la hauteur de l’enjeu, celui de la Santé. Elle a également mis en lumière la force vive de ce système, et le dernier maillon qui lui permet de tenir le coup : la volonté des femmes et des hommes qui assurent quotidiennement la lourde tâche du soin, au prix de sacrifices personnels conséquents » ont tenu à rappeler les médecins assistants. Alors que les hôpitaux universitaires francophones avaient évoqué une « grève pénalisante » des médecins en formation la semaine passée, ceux-ci estiment à l’inverse qu’elle a « mis en exergue » leur rôle « essentiel au sein du système hospitalier ».

Reste à voir la portée exacte de l’accord, et ses retombées concrètes sur l’amélioration des conditions de travail des médecins assistants. En attendant, le communiqué des représentants des médecins en formation indique que la grève est suspendue pour 48 heures, le temps qu’une sortie médiatique du cabinet Vandenbroucke confirme l’accord.

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