La traque de Jürgen Conings: la nouvelle menace de l’extrême droite fanatisée

Un phénomène qui gagne du terrain au cœur des démocraties européennes.

Traque Jurgen Conings @BelgaImage

Jürgen Conings reste toujours introuvable, des armes de guerre à la main, avec des hélicoptères, des chars, des centaines de soldats et des policiers d’élite lancés à ses trousses. Outre les images de la chasse à l’homme dans le Parc national de la Haute Campine, ce qui a marqué les esprits, c’est que l’homme, avant de laisser une lettre indiquant qu’il entrait “en résistance” et ne se rendrait pas “sans se battre”, figurait pourtant sur la liste des personnes terroristes et radicalisées de l’Ocam…

C’est que, au delà des questions légitimes que cette affaire particulière peut poser sur le fonctionnement de l’armée belge et la gestion de son arsenal, il en est une autre qui suscite davantage d’inquiétude encore: l’extrême droite est-elle la nouvelle menace terroriste à laquelle la société va devoir faire face dans un futur proche? Cette question, les services de renseignement et de sécurité se la posent depuis plusieurs années déjà.

Si tout le monde garde en mémoire la vague d’attentats islamistes qui a frappé l’Europe – et notamment la Belgique – il y a cinq ans, d’autres formes de radicalisme sont en train d’émerger dans le monde occidental, et notamment le radicalisme d’extrême droite. Dans son dernier rapport, la Sûreté de l’État indiquait ainsi qu’en parallèle à une extrême droite politique, s’affichant comme  “présentable” en différents endroits d’Europe, il fallait noter l’émergence de groupuscules marginalisés plus radicaux. De tels groupuscules existent en ­Belgique, notamment au nord du pays. Mais selon la Sûreté de l’État, la menace principale, chez nous, émane davantage d’individus isolés.

À l’image de leurs homologues isla­mistes, des profils radicalisés dans leur coin, à l’abri des regards. La question de l’accès aux armes est cruciale, dans le cadre de l’émergence de ce type de radicalisme solitaire. Par ses fonctions, ­Jürgen Conings avait accès au dépôt d’armes de la base militaire de Bourg- Léopold. Heureusement, il n’en va pas de même pour le commun des mortels.

Cette idéologie du “choc de civilisations” gagne du terrain, mais reste difficile à tenir à l’œil quand elle touche des personnes évoluant en dehors de tout groupe organisé. En attendant, pour revenir au cas de Jürgen Conings, la Défense belge pourrait commencer à nettoyer ses propres écuries. On rappellera qu’en France, des militaires échauffés du képi ont récemment signé dans Valeurs actuelles une tribune où ils se déclaraient prêts à restaurer l’ordre devant l’inévitable guerre civile que ­préparaient les ennemis intérieurs de la Nation. Comprenez les Noirs et les ­Arabes décrits en termes plus choisis.

 

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